9 novembre


Rencontre cinéma

20h

Suot tschêl blau de Ivo Zen, en sa présence

Dans Suot tschêl blau, sélectionné à Visions du Réel, le cinéaste Ivo Zen revient sur l'arrivée de l'héroïne et la montée de la toxicomanie qui ont affecté la jeunesse engadine contestataire dans les années 1980. Entre images d'archives et témoignages, un documentaire sur la mémoire collective et une réalité restée longtemps enfouie, à découvrir en présence du cinéaste.

Suot tschêl blau de Ivo Zen
(Doc., Suisse, 2020, 1h12, v.o. s-t fr., 16/16) – Haute Engadine, dans les années 1980 et 1990. Derrière les paysages impressionnants des Alpes grisonnes se joue le théâtre d’une tragédie restée taboue jusqu’à aujourd’hui. Inspirés par les mouvements contestataires de Zurich, des jeunes de la région se mettent eux aussi à défier les règles traditionnelles de la société. La place du village de Samedan devient alors un lieu de rencontres incontournable de la jeunesse engadine. Ils se réunissent, débattent, jouent de la musique ou fument de l’herbe… Mais l’héroïne se fait également une place dans le quotidien de ces jeunes. Pour toute cette région, la toxicomanie et la mort de leurs enfants sont un choc, et l’impuissance et la culpabilité de chacun divisent la communauté. Les jeunes rebelles, vus comme des drogués et des marginaux, ne correspondent pas à l’image idyllique de la Suisse carte postale. En explorant cette réalité restée souterraine, Suot tschêl blau donne de l’espace aux souvenirs que parents et proches ont gardés pour eux pendant si longtemps.
IVO ZEN À PROPOS DU FILM
«J'ai grandi dans le lointain Val Müstair. À 15 ans, je voulais échapper à l'étroitesse de la vallée, au contrôle social du village.
Avec des amis, nous nous sommes lancés dans toutes sortes d'aventures, y compris des expériences risquées avec des drogues. Dans mon dernier film, Zaunkönig –  Tagebuch einer Freundschaf, j'ai raconté le rêve de planer et la chute dans la drogue. Ce sort n'a pas seulement frappé mon ami Martin, qui l'a minutieusement documenté dans un journal, mais aussi plusieurs autres personnes de ma génération. Ce qui a commencé à Samedan par une révolte s'est terminé pour de nombreux jeunes par la toxicomanie et la mort. Aujourd'hui encore, beaucoup de gens ont du mal à parler de ce chapitre douloureux de l'histoire du village. La société dans les communautés de la Haute-Engadine était dans les années 1980 en pleine mutation. Le tourisme se développait rapidement et il y avait beaucoup d'argent à gagner dans le secteur de la construction. Une jeunesse rebelle, qui se drogue et flâne, ne correspond pas à l'image du grand monde de la montagne véhiculée par l'industrie du tourisme. Les protagonistes courageux de mon film indiquent un chemin qui peut également conduire le public vers ses propres souvenirs silencieux et refoulés. Pour la Haute-Engadine, Suot tschêl blau est l'occasion de se souvenir une nouvelle fois des défunts. Ils ne doivent pas rester deux fois victimes: une fois à cause de leur toxicomanie et une fois à cause du silence imposé.»

INFOS PRATIQUES
Portes: 19h30, Projection suivie d'une discussion: 20h
Tarifs: 15.- (plein), 12.- (réduit), 10.- (membres)

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