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Overseas

De Sung-A Yoon
Doc., France, Belgique, 2019, 1h31, v.o. s-t fr., 16/16

Aux Philippines, on déploie les femmes en masse à l’étranger comme aides ménagères ou nounous. Elles laissent souvent derrière elles leurs propres enfants, avant de se jeter dans l’inconnu… Dans un centre de formation au travail domestique, comme tant d’autres aux Philippines, un groupe de candidates au départ se préparent au mal du pays et aux maltraitances qui pourraient les atteindre. Lors d’exercices de jeux de rôles, les femmes se mettent tant dans la peau de l’employée que des employeurs.
Aux abords de la fiction, Overseas, le deuxième long-métrage de la cinéaste et artiste franco-coréeene, traite de la servitude moderne de notre monde globalisé, tout en révélant la détermination de ces femmes, leur sororité et les stratégies mises en place face aux épreuves que leur réserve l’avenir.
«Inversant les polarités de toutes ces fictions documentées au corps défendant de leurs héros, Overseas est l’essai le plus vertigineux de Locarno sur l’expérience et son double. Un documentaire traversé de quasi-fiction d’anticipation» (Libération).
«Un documentaire amer et doux comme la résignation» (Télérama).
Locarno 2019, Sélection Cinéastes du présent / Premiers Plans d’Angers 2020, Prix de le meilleure réalisation européenne / FIFDH 2020, Prix du jury des jeunes

Bio cinéaste
Yoon Sung-A est une réalisatrice et une artiste franco-coréenne vivant à Bruxelles.
Elle a été formée à l’Université Sorbonne Nouvelle (théâtre), à l’École des beaux-arts de Paris-Cergy et à l’école de cinéma INSAS de Bruxelles. Se jouant des formes et des genres, ses films se distinguent par un caractère hybride et une attention particulière portée sur le dispositif de mise en scène. Son travail emprunte autant à la démarche documentaire qu’aux codes de la fiction. Dans les années 2000, elle a réalisé une dizaine de vidéos principalement montrées dans le milieu de l’art contemporain (Musée du Jeu de Paume, Biennale de Busan, Centre d’art Le Plateau, Palais de Tokyo, Maison d’Art Bernard Anthonioz, Galerie Bétonsalon, etc.). Son court-métrage de fin d’études, Et dans mon cœur j’emporterai, a été sélectionné en 2008 au Festival de Cannes. En 2012, elle est partie en Corée du Sud à la recherche de son père absent et en a tiré son premier long-métrage documentaire, Full of missing links. Overseas, son second long-métrage documentaire, a été présenté en 2019 au Festival du Film de Locarno. Primé plusieurs fois, il a circulé dans de nombreux festivals internationaux (MoMA-Doc Fortnight, Busan IFF, BFI London, IDFA, Premiers plans d’Angers etc.). Parallèlement, Yoon a créé des vidéos dans le milieu des arts vivants. Elle a aussi été membre du comité de sélection du festival documentaire belge «Filmer à Tout Prix» et depuis 2015 intervient en tant qu’enseignante en réalisation à la Haute École Libre de Bruxelles. Elle développe actuellement son premier long-métrage de fiction.


Madre

DE Rodrigo Sorogoyen
Avec Marta Nieto, Anne Consigny, Alex Brendemühl
Fiction, Espagne, 2019, 2h09, v.o. s-t fr., 16/16

Dix ans se sont écoulés depuis que le fils d’Elena, alors âgé de 6 ans, a disparu. Dix ans depuis ce coup de téléphone où seul et perdu sur une plage des Landes, il lui disait qu’il ne trouvait plus son père. Aujourd’hui, Elena y vit et y travaille dans un restaurant de bord de mer. Dévastée depuis ce tragique épisode, sa vie suit son cours tant bien que mal. Jusqu’à ce jour où elle rencontre un adolescent qui lui rappelle furieusement son fils disparu…
Pour son cinquième long-métrage, après notamment El Reino en 2018, Rodrigo Sorogoyen s’inspire de son propre court-métrage, Madre, présenté aux Oscar en 2017. Bouleversant.
«On ne sort pas indemne de Madre, tant son réalisateur sublime plan après plan un récit romanesque et complexe, sublime et tragique, dont le long cheminement vers la lumière bouleverse» (Écran Large).
«Sorogoyen brille dans le plan-séquence implacable (on se régalera d’un second, dans les brumes d’une taverne pyrénéenne), mais aussi dans l’entre-deux incertain: une tête alanguie qui trouve le réconfort d’une épaule, sur un canapé, ou des caresses interdites, ailleurs, qui ne regardent personne» (Positif).
«Sorogoyen aura su rendre partageable l’émoi d’une rencontre, ce qui est tout de même l’une des plus belles choses que l’on peut espérer du cinéma» (Cahiers du Cinéma).
Goya 2020, Nomination Meilleure actrice, Meilleur scénario et Meilleur montage / Séville 2019, Prix de la Meilleure actrice (Marta Nieto) / Venise 2019, Prix de la Meilleure actrice (Marta Nieto)

Bio cinéaste
Rodrigo Sorogoyen étudie à l’ECAM à Madrid avec une spécialisation en scénario.
Il commence à travailler très jeune comme scénariste sur des séries et coréalise Ocho Citas à 25 ans. Depuis il a travaillé comme scénariste et réalisateur pour des séries télévisées comme Impares, La Pecera de Eva ou Frágiles. Il fonde sa propre société de production en 2011, Caballo Films, et il y produit, coécrit et réalise Stockholm. Le film est une des révélations de l’année et reçoit, en plus d’une presse élogieuse, de nombreux prix, dont le Goya du Meilleur espoir en 2014. Rodrigo Sorogoyen était nommé pour le Goya du Meilleur réalisateur. En 2017, son court-métrage Madre obtient plus de 50 prix, tant au niveau national qu’international, dont le Goya du court-métrage de fiction. Il concourt aussi aux Oscar dans la catégorie du Meilleur court-métrage de fiction. Avec Isabel Peña, Rodrigo Sorogoyen a également écrit les deux scénarios de ses autres longs-métrages El Reino et Que Dios nos perdone, deux films remportant de nombreuses distinctions en Espagne et à l’international. Inspiré de son court-métrage, Madre est son cinquième long-métrage.


Les héros ne meurent jamais

De Aude-Léa Rapin
Avec Adèle Haenel, Jonathan Couzinié, Antonia Buresi
Fiction, France, Belgique, Bosnie, 2019, 1h25, en français, 16/16

Dans une rue de Paris, un inconnu croit reconnaitre en Joachim un soldat mort en Bosnie le 21 août 1983. Or, le 21 août 1983 est le jour même de la naissance de Joachim! Troublé par la possibilité d’être la réincarnation de cet homme, il décide de partir pour Sarajevo avec ses amies Alice et Virginie. Dans ce pays hanté par les fantômes de la guerre, ils se lancent corps et âme sur les traces de la vie antérieure de Joachim.
Pour son premier long-métrage, réalisé en une année et avec très peu de moyens, Aude-Léa Rapin propose une œuvre audacieuse, entre le road movie et le faux documentaire, la comédie et le drame.
«J’entends parler de la guerre de Bosnie-Herzégovine depuis mon enfance. Son souvenir est resté gravé en moi, comme celui d’un choc pas que virtuel. Ces années-là - celles du conflit - précèdent ma vie d’adulte et ma vie de cinéaste. Je crois que le film fait le pont entre ces deux états, l’enfance et ses croyances, et la vie adulte et ses réalités. De manière plus universelle et moins personnelle, cette guerre incarne aussi l’effondrement d’une certaine idée de l’Europe. Pendant cinq ans, on a laissé un pays entier se déchirer et se massacrer, au sein même de l’Europe, sans agir. Il est aujourd’hui encore hanté par ses morts» (Aude-Léa Rapin).
Cannes 2019, Semaine de la Critique

Bio cinéaste
Aude Léa Rapin est scénariste et réalisatrice diplômée de l'Atelier Scénario de la Fémis.
Elle débute avec deux documentaires avant de passer à la fiction avec La Météo des plages, présenté dans de nombreux de festivals internationaux. Puis elle continue avec Ton cœur au hasard qui reçoit de nombreuses récompenses dont le Grand Prix National au Festival International de Clermont-Ferrand et Que Vive l'Empereur, présenté au Festival de Locarno. Les héros ne meurent jamais, son premier long métrage, est sélectionné à la 58e Semaine de la Critique.


Un pays qui se tient sage

De David Dufresne
Documentaire, France, 2020, 1h26, en français, 14/16

Alors que s'accroissent la colère et le mécontentement devant les injustices sociales, de nombreuses manifestations citoyennes sont l'objet d'une répression de plus en plus violente. Un pays qui se tient sage, qui convoque des historiens, spécialistes, membres de la police et victimes, invite spectateurs et citoyens à interroger et confronter leurs points de vue sur l'ordre social et la légitimité de l'usage de la violence par l’État.
Un documentaire choc, soutenu par la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes et sélectionné en compétition à Zurich par le journaliste lauréat du Grand Prix des Assises du journalisme pour Allô Place Beauvau – son recensement des blessés durant le crise des Gilets jaunes.
«Tous les pays du monde sont confrontés aux violences policières. Pour les démocraties, c’est un enjeu devenu crucial à leur propre survie. Le film questionne cette définition de Max Weber: « L’État revendique le monopole de la violence physique légitime». Qu’est-ce que l’État? La violence légitime? Qui lui dispute son monopole? Et qui en tient le récit?» (David Dufresne).
Quinzaine des Réalisateurs 2020, Soutien / New York Film Festival, compétition / Zurich 2020, Compétition «Nouveaux horizons»

BIO CINéASTE
David Dufresne est auteur et réalisateur de documentaires. Son travail «Allô @Place_Beauvau» a été récompensé par le grand Prix du Jury des Assises internationales du Journalisme.
il a publié en octobre 2019 Dernière Sommation, son premier roman (Grasset), salué par la critique. Son film Le Pigalle: une histoire populaire de Paris a été soutenu unanimement par la presse. On lui doit également Hors-Jeu, Dada-Data, Fort McMoney. il a remporté le World Press Photo 2011 catégorie œuvre non linéaire pour Prison Valley (avec Philippe Brault). Son premier documentaire, Quand la France s’embrase, remonte à 2007 et portait sur les émeutes de 2005 et les mouvements CPe.
Écrivain, David Dufresne a signé une dizaine d’ouvrages d’enquête dont On ne vit qu’une heure, une virée avec Jacques Brel (Le Seuil, 2018) et Tarnac, magasin général (Calmann Lévy, Prix des Assises du Journalisme 2012), salué comme «un petit chef d’œuvre» par Le Monde. En 2001, il a également co-écrit Pirates et Flics du net (Le Seuil). Longtemps reporter pour Libération et membre de l’équipe fondatrice du site d’investigation Mediapart, il est un pionnier de l’internet à la française et un des auteurs du Manifeste du Web indépendant (1997).
Depuis septembre 2018, il est membre de la Commission du répertoire audiovisuel de la Scam.

RENCONTRE CINéMA
Avant-première en présence de David Dufresne, dimanche 4 octobre à 17h30
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