
Le cinéaste se fait ici sujet et chercheur de sa propre histoire, histoire oubliée par une amnésie traumatique mais qui lui revient par bribes. Plus qu’un témoignage, Ceci est mon corps est un geste de réappropriation : celle d’un corps, d’un récit, d’une légitimité. Un documentaire courageux et nécessaire, qui dit l’inacceptable avec pudeur et force.
(Documentaire, France, 2024, 1h04, en français, 16/16) Jérôme Clément-Wilz décide, après des années, de porter plainte contre le prêtre qui l’a agressé
sexuellement durant son enfance. Face à la justice, à sa famille, à lui-même, il remonte le fil de la mémoire, décortique les mécanismes de l’emprise, et redonne des mots à ce qui n’a, trop longtemps, pas pu être exprimé.
« J'ai décidé de faire ce film pour donner à voir au grand public toutes les épreuves que traverse une victime, que traversent les victimes de pédocriminalités. Il y a l'horreur des faits eux-mêmes et les immenses difficultés d'une procédure judiciaire. Je me suis dit qu'il était temps de regarder en face collectivement l'immensité de ce crime de masse qu'a été la pédocriminalité dans l'Église. »

L'une des principales figures de la nouvelle vague du cinéma arménien, également de nationalité française et états-unienne, Tamara Stepanyan raconte ici l'histoire de l'Arménie au travers des yeux d'une française, Céline, interprétée par Camille Cottin. Entre découverte des paysages et de l'histoire arménienne, son premier long-métrage de fiction raconte l'histoire en marche d'un pays profondément marqué par les conflits et par une lutte perpétuelle pour leur identité. Bouleversant.
(Fiction, France/Arménie, 1h44, en français, 16/16) Céline arrive pour la première fois en Arménie afin de régulariser la mort d’Arto, son mari. Elle découvre qu’il lui a menti, qu’il a fait la guerre, usurpé son identité, et que ses anciens amis le tiennent pour un déserteur. Commence pour elle un nouveau voyage, à la rencontre du passé d’Arto : invalides des combats de 2020, vétérans des batailles victorieuses des années 1990, hantises d’une guerre qui n’en finit jamais. Elle court après un fantôme. Comment faire pour l’enterrer ? Peut-on sauver les morts ?
« L’Arménie a connu beaucoup de tragédies et je crois que nous, les Arméniens, nourrissons inconsciemment le besoin d’en parler. C’est ainsi qu’est né le personnage d’Arto, ancien combattant de la guerre du Haut-Karabagh, cette région que l’Azerbaïdjan a fini par envahir en 2023 entraînant l’exode forcé de cent vingt mille Arméniens, soit l’entièreté de la population qui y vivait. Ce fut le point de départ de la coécriture de ce film. »

Après un premier long-métrage en 2022, Les Pires, sacré du Prix Un Certain Regard à Cannes, le duo formé par Lise Akoka et Romane Gueret est de retour avec un long-métrage tiré de leur série Tu préfères ?, présenté à Cannes Première en 2025. Un film lumineux sur la jeunesse, ses rencontres, ses bouleversements et ses rires, le tout dans un joyeux décor de colonie de vacances. La cinéaste Romane Gueret sera présente au Cinéma CityClub pour un échange suite à la projection.
(Fiction, France, 2025, 1h52, en français, Âges à venir) Shaï et Djeneba ont 20 ans et sont amies depuis l’enfance. Cet été, elles sont animatrices dans une colonie de vacances. Elles accompagnent dans la Drôme une bande d’enfants qui comme elles ont grandi entre les tours de la place des Fêtes à Paris. À l’aube de l’âge adulte, elles devront faire des choix pour dessiner leur avenir et réinventer leur amitié.
« Nous avions à cœur de parler de ce concentré de vie qu’est la colonie de vacances de la manière la plus réaliste et savoureuse possible, et de raconter l’enfance dans sa complexité, sa folie, sa cruauté aussi, en évitant les stéréotypes et le surplomb de la position d’adulte. Nous avons donc veillé à nourrir nos personnages, de la phase d’immersion jusqu’au montage, l’écriture se poursuivant continuellement. Cela d’autant plus que nous avons organisé une vraie colonie de vacances l’été sur le lieu du tournage pour que nos enfants-acteurs soient encadrés et n’aient pas à faire de déplacements pendant ces semaines de travail. »

Tourné à Vidy et en public en janvier 2024, A Million-Year Picnic filme trois spécialistes du cosmos invité·es à un pique-nique sur Mars : Didier Queloz, Camille Bonvin et Violaine Sautter. À l’image de Ray Bradbury, ces scientifiques échangent sur les enjeux de l’exploration spatiale. Le film sera présenté en présence de la cinéaste et d'invité·es, scientifique et dramaturges.
(45 minutes, en français) D’approche poétique, à rebours des documentaires scientifiques, le film montre un paysage semblable à celui de Mars qui s'avère plus tard être une scène de théâtre. Des conversations ont lieu entre trois chercheurs de renom : Didier Queloz, prix Nobel de physique 2019, Camille Bonvin, cosmologiste, et Violaine Sautter, géologue planétaire. Ils discutent de sujets divers autour d'un flacon thermos et de tasses de camping, est également accompagné d'un pique-nique et établit un lien avec la nouvelle „A Million-Year Picnic“ de Ray Bradbury (1946). Pour présenter le film, le CityClub a le plaisir d’accueillir la cinéaste Pauline Julier accompagnée de Violaine Sautter, chercheuse française en géologie planétaire, Eric Vautrin, dramaturge au Théâtre Vidy–Lausanne, et Philippe Quesne, metteur en scène (sous réserve).

Voilà plus de vingt ans que Maria de la Paz, venue d’Argentine, illumine le bassin musical lémanique de sa présence magnétique et de sa musicalité folle. De ses nombreuses collaborations et revisites inspirées des répertoires de Piazzola ou Lhasa, l’on garde notamment cette présence scénique unique, qui sait valdinguer avec brio entre interprétation et création. Mais Maria de la Paz est une fine compositrice, intuitive, différente, joueuse, et c’est avec de nouvelles chansons intimes qu’elle vient s’installer au CityClub, le temps d’une résidence musicale d’une semaine, et travailler un tout nouveau répertoire aux côtés du batteur Alberto Malo, notamment vu aux côtés de Sophie Hunger, Hindi Zahra, Jacques Higelin ou encore Rodolphe Burger, et du contrebassiste Mathias Demoulin, compagnon musical du trompettiste Matthieu Michel, pierre angulaire de l’Orchestre Jaune et multi-collaborateur hors pair. Une session rythmique aussi fine que puissante pour ancrer les grandes envolées poétiques et les silences incarnés de cette musicienne extraordinaire. Et, comme une évidence, c’est Volver de Pedro Almodóvar que nous avons choisi ensemble de projeter avant son concert, une ode aux grands retours et à la féminité.
Line-up : Maria de la Paz : voix, guitare / Mathias Demoulin : contrebasse / Alberto Malo : batterie, percussions
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