20 mai


films du mois

16h

L'Îlot

DE TIZIAN BÜCHI
Docufiction, Suisse, 2022, 1h46, en français, 8/12

Dans la chaleur de l’été, deux vigiles sécurisent la rivière en contrebas du quartier des Faverges à Lausanne. Ammar est nouveau dans le métier, et Daniel partage avec lui son expérience. Au gré des rondes et des rencontres, un territoire se dessine, une amitié se construit. Qu’a-t-il bien pu se passer près de la rivière?

Tizian Büchi a posé sa caméra dans un des quartiers multiethniques de Lausanne. Naviguant entre le documentaire et la fiction, il y réalise une fable teintée de réalisme magique, de nostalgie et d'humour, et mêle habilement la poésie et la sociologie. Un film récompensé par le Grand Prix à Visions du Réel en 2022 et nommé aux Prix du cinéma suisse.
«Dans cette oasis, que n'aurait pas reniée Bachelard, murmurent les voix de l'eau vive et de la faune, telle une fantasmagorie primordiale et édénique que contemplent deux "êtres de la forêt". Le film glisse alors vers une sorte d'enquête où l'on évoque une légende autour de la rivière coulant pour ainsi dire au pied des Faverges, un quartier périphérique de Lausanne où ont poussé des immeubles fonctionnels abritant des retraités et des familles immigrées. Au cours de leurs rondes absurdes, aux accents de comédie – en écho à d'autres duos improbables de films de fiction – une amitié se construit, tandis que se dessine un territoire bigarré, bordé par ce mystérieux Îlot de verdure, un "trou" aux confins de la civilisation. Tizian Büchi signe une brillante fable documentaire qui interroge subtilement la société de surveillance.» (Visions du Réel)


Plusieurs projections-événements
ME 3 mai à 20h: première en présence de l'équipe du film
DI 7 mai dès 15h: promenade et projection avec le MCBA et L’éprouvette
LU 15 mai à 19h: projection et discussion avec le Théâtre Vidy-Lausanne
MA 30 mai à 18h: promenade et projection avec les "Sauvageons en ville"
SA 3 juin dès 10h30: conférence, ateliers et projection avec le MCBA, L’éprouvette et la Ville de Lausanne
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films du mois

18h30

Chevalier noir

D'Emad Aleebrahim Dehkordi
Fiction, Iran, France, Allemagne, Italie, 2022, 1h42, v.o. s-t fr., 16/16

Iman et son jeune frère Payar sont inséparables malgré leurs différences. Ils vivent avec leur père dans un quartier du nord de Téhéran. Après la mort de leur mère, Iman cherche à tout prix à sortir de l’impasse d’une vie quotidienne étouffante et profite de ses relations privilégiées avec la jeunesse dorée de Téhéran pour se lancer dans un juteux petit trafic. Mais ce qui semblait être le chemin vers un nouveau départ les entraîne tous deux dans une spirale qui va bouleverser leur destin.

Grand prix au festival Premiers Plans d’Angers et Étoile d’Or au Festival de Marrakech en 2022, ce premier long-métrage d’Emad Aleebrahim Dehkordi, tourné avant les révoltes récentes, s'inspire de la mythologie iranienne et d'une histoire ayant impliqué des proches du cinéaste. Entre tragédie classique, chronique familiale et thriller haletant, un portrait saisissant de l’Iran contemporain.
«Ce film noir témoigne de certaines réalités douloureuses de l’Iran contemporain et révèle un metteur en scène qui maîtrise les codes du cinéma de genre. Une des plus belles découvertes de l’hiver.» (Marianne)
«Chevalier noir montre une jeunesse iranienne bafouée mais salue sa noblesse, sa grandeur. Et nous va droit au cœur.» (Télérama)
«À la fois conte, thriller et tragédie, Chevalier noir fascine par sa fluidité et son sens du timing – des silences et hésitations minutieusement placés qui en disent plus que vingt lignes de dialogues, une capacité à surprendre quand tout semble terriblement évident – et un ultraréalisme proche du documentaire (caméra à l’épaule, vue subjective).» (Libération)
«Si le fantastique revient par petites touches, c’est dans son réalisme que le film trouve un ton plus personnel, en racontant comment les deux frères, marqués par la disparition récente de leur mère et héritiers d’une parcelle de terre près de la ville, se retrouvent intimement "déplacés" par leurs relations avec d’anciens expatriés.» (Les Cahiers du Cinéma)
«La caméra alerte d’Emad Aleebrahim Dehkordi, plasticien originaire d’Iran, ne lâche pas d’un pouce son héros sous tension permanente et révèle dans sa foulée, et avec un tact saisissant, une kyrielle de personnages captivants.» (Le Journal du Dimanche)


RENCONTRE CINÉMA
Mardi 9 mai à 20h30 en présence du cinéaste
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films du mois

20h30

1976

De Manuela Martelli
Fiction, Chili, 2022, 1h35, v.o. s-t fr, 16/16

Chili, 1976. Trois ans après le coup d’État de Pinochet, Carmen part superviser la rénovation de la maison familiale en bord de mer. Son mari, ses enfants et petits-enfants vont et viennent pendant les vacances d’hiver. Tandis que les visites de ses enfants et petits-enfants se succèdent, elle choisit la couleur des murs à repeindre, offre de son temps en faisant la lecture à des aveugles, ou organise les traditionnelles fêtes de famille. Lorsqu'un prêtre lui demande de l’aider à soigner un jeune homme gravement blessé qu’il héberge en secret, Carmen se retrouve en terre inconnue, loin de la vie bourgeoise et tranquille à laquelle elle est habituée…

Pour son premier long-métrage, l'actrice et cinéaste chilienne Manuela Martelli réalise un polar captivant, qui décrit la dictature en adoptant le point de vue inédit d’une femme de la bourgeoisie. Un film sélectionné à Cannes en 2022, salué pour la rigueur de sa mise en scène et la force de son propos, multipliant les indices et sous-entendus liés à une répression qui ne dit pas son nom.
Manuela Martelli à propos du film: «À l’adolescence, j’ai commencé à me poser des questions sur ma grand-mère maternelle, que je n’avais jamais rencontrée. Il y avait un parfum de mystère autour d’elle. En m’interrogeant sur ma grand-mère et le silence autour de sa mort, je me suis intéressée à la période de cet événement: 1976. C’est l’une des années les plus sombres et cruelles de la dictature. Comment imaginer que ce qui se passait dans la rue n’affecterait pas l’espace domestique? Comment pouvions-nous faire comme si de rien n’était et vivre notre quotidien, tandis qu’à l’extérieur les dissidents étaient jetés dans l’océan?»

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