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Rencontre cinéma

mardi 3 mai
20h

Rencontre: Rien à foutre

Le portrait d'une hôtesse de l'air et du désenchantement de la jeunesse contemporaine: présenté et primé à Cannes en 2021, Rien à foutre, le premier long-métrage d'Emmanuel Marre et Julie Lecoustre, est un film où planent la mélancolie et la solitude modernes. Porté par Adèle Exarchopoulos, stupéfiante en hôtesse je-m'en-foutiste, Rien à foutre est à découvrir en avant-première en présence des cinéastes.

rien à foutre d'emmanuel marre et julie lecoustre
(Fiction, Belgique, France, 2021, 1h52, en français et anglais s-t fr, 16/16) – Cassandre, 26 ans, est hôtesse de l’air dans une compagnie low-cost. Vivant au jour le jour, elle enchaîne les vols et les fêtes sans lendemain, fidèle à son pseudo Tinder «Carpe Diem». Une existence sans attaches, en forme de fuite en avant, qui la comble en apparence. Alors que la pression de sa compagnie redouble, Cassandre finit par perdre pied. Saura-t-elle affronter les douleurs enfouies et revenir vers ceux qu’elle a laissés au sol?
«Portant malicieusement bien son titre, ce premier long-métrage réjouissant ne ressemble à rien d’autre qu’à lui-même: découverte alternative au cinéma installé, et portrait judicieux de la jeunesse de son temps. Avec Adèle Exarchopoulos, irradiante.» (Bande à part)
«À l’aide d’un dispositif de mise en scène qui glane un fort sentiment de réel en mêlant improvisation et reconstitution minutieuse, Julie Lecoustre et Emmanuel Marre parviennent à raconter l’état émotionnel de la génération Y.» (Les Inrockuptibles)
«Marre et Lecoustre s’en remettent aux termes d’un hyperréalisme d’autant plus pertinent qu’il déborde la simple posture dénonciatrice, pour saisir les coordonnées bifaces du contemporain: séduction et brutalité, flottement et rentabilité, servitude et désinvolture, surprésence et absence à soi.» (Cahiers du cinéma)
«Le premier film d’Emmanuel Marre et Julie Lecoustre, exploration intime et politique du quotidien d’une hôtesse de l’air, fascine par sa minutie.» (Libération)

Emmanuel Marre et Julie Lecoustre à propos du film
Rien à foutre est né d’une image, d’une double image, plutôt.
Un jour, je (ndlr: Emmanuel Marre) me suis retrouvé sur un vol Ryanair au premier rang, juste en face de l’hôtesse. Au décollage, je l’ai regardée: à l’évidence, elle allait très mal, comme si elle se débattait avec une blessure profonde. C’était une vision très forte. Et puis, il y a eu le "ding", elle a décroché sa ceinture et là, seconde image, elle a arboré un immense sourire et a commencé à sortir le chariot des boissons, proposer des trucs à vendre... La dichotomie entre ces deux images, ce moment d’introspection et cette agitation professionnelle, était puissante et amenait une question: qu’a-t-elle laissé au sol, cette jeune femme, avant de s’envoler? Plus tard, j’ai repensé à cette scène et à un tableau de Hopper, L’Ouvreuse, et j’ai eu envie de déplier cette double image. Le film est né de là, et non pas d’un personnage.
Au départ, nous voulions confier le rôle de Cassandre à une véritable hôtesse de l’air. Mais on avait quand même Adèle Exarchopoulos dans un coin de la tête, et quand on s’est décidés à la rencontrer, on a senti dès le premier rendez-vous que quelque chose résonnait avec elle. D’abord, on voit tout de suite que ce n’est pas la même fille que l’on voit dans les magazines. Et puis sa mélancolie, l’espèce de détresse qu’elle dégage, sa capacité à vriller tout à coup pour s’éteindre l’instant d’après, tout cela nous a convaincus qu’elle pouvait être Cassandre.

Bio cinéastes
Emmanuel Marre et Julie Lecoustre vivent et travaillent entre Paris et Bruxelles.
Emmanuel Marre réalise Le film de l'été (Prix Jean Vigo, Grand Prix au Festival du Court-Métrage de Clermont-Ferrand) en 2017. En parallèle, il coscénarise le film suisse Ceux qui travaillent d'Antoine Russbach qui reçoit notamment le Quartz du Meilleur scénario aux Prix du cinéma suisse.
Julie Lecoustre rejoint Emmanuel Marre en 2018 pour écrire, penser et fabriquer le moyen-métrage D'un château l'autre (Pardino d’oro à Locarno).
En 2020, ils poursuivent leur collaboration en coréalisant Rien à foutre, premier long-métrage très attendu.

INFOS PRATIQUES
Portes: 19h30, Projection suivie d'une discussion: 20h
Tarifs: 15.- (plein) / 12.- (réduit) / 10.- (membres)


Rencontre cinéma

jeudi 5 mai
20h

Rencontre: À mort la sorcière

Présenté aux Journées de Soleure en début d'année, À mort la sorcière de la cinéaste Maria Nicollier et du journaliste Cyril Dépraz nous plonge dans l’univers des crimes de sorcellerie, dont la Suisse a tristement tenu l'un des premiers rôles en Europe. Un documentaire historique passionnant, à découvrir en présence des cinéastes.

À mort la sorcière de Maria Nicollier et Cyril Dépraz
(Doc., Suisse, 2022, 1h01, en français et en allemand avec s-t fr., 16/16) – La chasse aux sorcières a fait plus de 100'000 morts en Europe. La Suisse détient le record européen du nombre de bûchers. Pour la première fois, un film documentaire, qui a nécessité trois ans de recherche et de tournage, révèle les rouages d'une machine judiciaire implacable qui, souvent avec l’aide de la population, a mené au bûcher des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants.

Raconter une histoire suisse, par Cyril Dépraz et Maria Nicollier
La Suisse, et en particulier la Suisse romande, a connu l'une des plus féroces chasses aux sorcières d’Europe. Le film essaye de répondre à cette question fondamentale: pourquoi la Suisse a-t-elle allumé tant de bûchers?
Cette région a brûlé dix fois plus de sorcières que la France et cent fois plus que l'Italie, le plus souvent au travers d'une justice séculière et sous régime protestant. Les raisons de cette persécution à large échelle en Suisse sont multiples. La Suisse se trouve au cœur des conflits politico-religieux qui déchirent l’Europe et traumatisent ses populations. Elle-même est morcelée en de multiples petits territoires concurrents. Menés principalement par des autorités laïques, les procès de sorcellerie servent donc souvent à asseoir le pouvoir de potentats locaux. D’autres raisons expliquent sans doute ce triste record suisse, notamment le paysage effrayant des montagnes perçu comme hanté par les démons.
La chasse aux sorcières revêt dès le début un caractère collectif, celui d’une société hantée par la présence d’une conspiration de grande ampleur, se répandant rapidement et menaçant l’intégrité voire la survie de société: la secte diabolique. La chasse aux sorcières est donc considérée par les spécialistes comme l'une des plus grandes théories du complot de l’histoire européenne.
Notre documentaire explore et raconte cet univers fantasmé du féminin qui, paradoxalement d’ailleurs, imprègne aujourd’hui encore certaines lectures féministes de la chasse aux sorcières, les présentant souvent comme des héroïnes affranchies de toutes dominations alors qu’elles n’étaient que des victimes, sans tares mais sans mérites particuliers.


BIO CINÉASTES
Maria Nicollier est une scénariste et réalisatrice genevoise.
Ses films (fictions comme documentaires) ont été tourné principalement en Asie, son terrain de prédilection. Maria Nicollier fait aussi partie du monde de la production. Elle a en effet produit et réalisé plus de cinquante reportages TV et a également produit des documentaires d’auteurs et cinq courts-métrages de fiction, dont celui de Bartek Sozanski, Forget me not avec Marthe Keller.
Né en 1966, Cyril Dépraz est un journaliste suisse.
Reporter dans de nombreux pays, passionné d’histoire, spécialiste du fait religieux, il a eu à de nombreuses reprises l’occasion de réaliser des reportages et des interviews sur le statut des minorités (religieuses, ethniques, sexuelles, etc.) et l’ostracisation dont elles ont souvent été victimes.


LIEN
> La page Facebook du film
INFOS PRATIQUES
Portes: 19h30, Projection suivie d'une discussion: 20h
Tarifs: 15.- (plein) / 12.- (réduit) / 10.- (membres)


Film et concert

vendredi 6 mai
18h30

Une expérience d’amour inconditionnel

Concert d’Albert Chinet et DE Sarclo, précédé du film de leur choix

Un concert «père-fils» comme on les aime. Après une résidence de création entre nos murs, Albert Chinet et Sarclo partageront notre scène, et nous convient à voir le film de leur choix en première partie, A Serious Man des frères Coen.

21h: Albert Chinet & Sarclo en concert
On les apprécie tous les deux, pas tout à fait pour les mêmes raisons: Albert Chinet, jeune musicien et fringant producteur romand, n’est autre que le fils de Sarclo, ou Sarcloret, auteur et chansonnier genevois que l’on ne présente plus. L’un torpille surtout les beats électro, l’autre les mots. Ce dernier présente d’ailleurs l’événement ainsi: «Albert, je l’ai connu tout petit. Il s’agit une expérience d’amour inconditionnel. Je lui ai demandé de produire mon dernier disque. Il a dit oui. Il fait bien boum boum. Alors je lui ai demandé de m’inviter à faire boum boum avec lui quand je pourrai sortir de mon EMS. Il a dit oui. Ça va faire une fête formidable pour la sortie de mon bouquin (avec plein de jolies photos).» Car oui, cette soirée sera aussi l’occasion de se procurer le nouveau bouquin de Sarclo. S’ils travaillent donc régulièrement ensemble en coulisses, il s’agira bien ici de leur première scène partagée à proprement parler, après une semaine de résidence de création entre nos murs. Ils ont aussi choisi le film qui précèdera leur concert, A Serious Man des frères Coen, histoire de nous mettre dans l’ambiance, la leur aussi indéniablement: incongrue, drolatique et néanmoins très sérieuse.

18h30: Projection du film A Serious Man de Joel et Ethan Coen
(États-Unis, 2009, 1h46, en anglais s-t fr., 12/16) – Larry, un professeur de sciences physiques, se fait plaquer par sa femme pour un de ses collègues. Son frère, chômeur, en profite pour s'installer chez lui, au moment où son fils est sur le point de se faire virer de l'école hébraïque et que sa fille lui pique de l'argent pour se faire refaire le nez. À cela s'ajoutent encore des lettres anonymes qui tentent d'empêcher la titularisation de Larry et une étudiante qui le drague avant de le menacer de procès pour diffamation. Larry demander alors conseil à trois rabbins pour tenter de sortir de ce micmac...
«Chaque scène est écrite, interprétée et filmée magistralement, sur un tempo qui n'est jamais qu'idéal, chacune prend la forme d'un vrai cadeau adressé au spectateur, qui se convainc peu à peu que ce qu'il découvre est peut-être bien le chef-d’œuvre absolu des Coen» (L'Obs)
«Le plus libre, le plus personnel et le plus émouvant des frères Coen.» (Télérama)


INFOS PRATIQUES
Portes: 18h, Projection: 18h30, Concert: 21h
Tarifs: 25.- (plein) / 20.- (membres, réduit)
Petite restauration sur place


Rencontre cinéma

lundi 9 mai
20h30

Rencontre: Les Intranquilles

Sélectionné en compétition à Cannes en 2021, Les Intranquilles de Joachim Lafosse est projeté au CityClub lors d'une séance spéciale qui se déroulera à la fois en salle et en ligne avec, à l'issue du film, une discussion à distance avec le cinéaste. Un neuvième film impressionnant du cinéaste belge qui, après notamment À perdre la raison (2012) et L’économie du couple (2016), poursuit son exploration du couple. Encensés par la critique et tous deux nommés pour les Prix de la meilleure interprétation aux derniers César, Damien Bonnard et Leïla Bekhti y forment un couple bouleversant et intense.

Les Intranquilles de Joachim Lafosse
(Fiction, Belgique, Luxembourg, France, 2021, 1h58, en français, 16/16) – Leïla, mère de famille, se bat au quotidien pour tenter de sauver le couple qu’elle forme avec Damien, un mari bipolaire. Ils s’aiment profondément, mais les effets de la maladie se ressentent durement dans leur quotidien. Il tente de poursuivre sa vie avec elle sachant qu’il ne pourra peut-être jamais lui offrir ce qu’elle désire.
«Un portrait de famille, un film d’amour, une plongée dans l’univers d’un peintre tourmenté mais sans aucun cliché.» (Le Parisien)
«Le fait est que Les Intranquilles donne le sentiment d’aimer ses personnages. Un élan rare dans l’œuvre de Joachim Lafosse, d’autant plus remarquable qu’il ne fragilise pas son récit mais le renforce, au contraire.» (Positif)
«Imprévisible, fiévreux ou abattu, Damien Bonnard excelle en homme luttant pour ne pas se dissoudre dans le lithium, et Leïla Bekhti, constamment sur le qui-vive, bouleverse en victime collatérale.» (Télérama)

Joachim Lafosse à propos dU JEU De Leïla Bekhti
J’ai été magnifiquement surpris par la force et la résistance qu’a donné Leïla Bekhti au film.
Elle m’a offert son désir, sa sensualité, sa fatigue, sa capacité de dire "non", ce qui, me semble-t-il, est assez rare. Dès sa première lecture, Leïla a compris qu’il ne s’agissait pas d’un film sur la maniaco-dépression mais plutôt d’une interrogation sur la capacité et les limites de l’engagement amoureux. Découvrir qu’elle avait très vite compris l’intranquilité de son personnage m’a absolument apaisé et nous a permis de nous éloigner du risque de faire un film à thème.

INFOS PRATIQUES
Portes: 20h, Projection suivie d'une discussion: 20h30
Tarifs: 15.- (plein) / 12.- (réduit) / 10.- (membres)

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