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Rue Málaga

de Maryam Touzani
Fiction, Maroc, 2025, 1h56, v.o. espagnol sous-titrée français, 10/12

Maria Angeles, une Espagnole de 79 ans, vit seule à Tanger, dans le nord du Maroc, où elle profite de sa ville et de son quotidien. Sa vie bascule lorsque sa fille Clara arrive de Madrid pour vendre l’appartement dans lequel elle a toujours vécu. Déterminée à rester dans cette ville qui l’a vue grandir, elle met tout en œuvre pour garder sa maison et récupérer les objets d’une vie. Contre toute attente, elle redécouvre en chemin l’amour et le désir.


Vainqueur du Prix du Public à la Mostra de Venise et présenté en Sélection officielle au Festival International de Toronto, le troisième long-métrage de la Marocaine Maryam Touzani (Le Bleu du caftan) est porté par Carmen Maura, immense actrice espagnole connue pour ses collaborations avec Pedro Almodóvar. Un film débordant d’humour et de charme qui donne envie de s’émanciper de tout ce qu’on nous impose et de vivre, pleinement.


«Touzani nous fait le cadeau d’une œuvre aussi chaleureuse et pétillante que son personnage principal, un feel-good movie coloré qui est aussi une ode à la vieillesse. Une petite pépite.» (Rémy Fiers, Le Mag du Ciné)

«Sans autre prétention que de donner voix au chapitre à une personne âgée trop facilement considérée comme sans perspective d’existence ou sans importance, Rue Malaga est au final une jolie ode à la vie, celle qui trouve sa voie, quel que soit l’âge.» (Olivier Bachelard, Abus de Ciné)



I Love You, I Leave You

de Moris Freiburghaus
Documentaire, Suisse, 2025, 1h34, v.o. suisse-allemand sous-titrée français, 16/16

Le musicien Dino Brandão se rend en Angola pour donner un concert dans le pays d’origine de son père où, confronté à des questions sur sa propre identité, il est pris d’une crise psychotique. De retour en Suisse, ses amis et sa famille font tout ce qu’ils peuvent pour l’empêcher de retourner en hôpital psychiatrique.


Dino Brandão s’impose comme l’un des artistes les plus touchants et singuliers du moment. Doté d'une voix bouleversante, il a également la particularité de parler sans fard du type de schizophrénie avec laquelle il vit au quotidien et qui donne à ses performances scéniques des élans cathartiques jouissif. C'est ici dans l'œil de la caméra de son meilleur ami, le cinéaste Moris Freiburghaus, que l'on découvre l'intimité de vivre avec cette réalité, en tant que personne concernée autant que pour l'entourage proche. Un documentaire bouleversant, nécessaire, et profondément unique.


«I Love You, I Leave You est touchant d'une manière très particulière, car il ne se contente pas d'offrir un aperçu intime de la vie des personnes atteintes de maladies psychiques; il montre aussi comment leurs proches sont à bout et accomplissent un travail qui semble presque insurmontable. Le documentaire met également en lumière la manière dont la société et des institutions comme la police traitent les personnes atteintes de troubles psychiques et leurs proches, se révélant parfois plus un obstacle qu'une protection.» (Nora Nater, OutNow)



Deux Procureurs

de Sergei Loznitsa
Fiction, France/Allemagne/Pays-Bas/Lettonie/Roumanie/Lituanie, 2025, 1h58, v.o. russe sous-titrée français, 16/16

Union Soviétique, 1937. Des milliers de lettres de détenus accusés à tort par le régime sont brûlées dans une cellule de prison. Contre toute attente, l’une d’entre elles arrive à destination, sur le bureau du procureur local fraîchement nommé, Alexander Kornev, qui se démène pour rencontrer le prisonnier. Bolchévique chevronné et intègre, le jeune procureur croit à un dysfonctionnement. A l’heure des grandes purges staliniennes, c’est la plongée d’un homme dans un régime totalitaire qui ne dit pas son nom.


Adapté de la nouvelle du même nom de Georgy Demidov, scientifique et prisonnier politique d’URSS arrêté en 1938 et ayant passé quatorze ans au Goulag, celle-ci est restée secrète pendant près de quarante ansentre le moment de son écriture et sa publication. La censure par l’Etat et le KGB sont le prolongementde ce que le film décrit. Un écho troublant aux régimes totalitaires actuels, une résonance désagréable et nécessaire pour nous rappeler le risque toujours présent de sombrer dans l’autoritarisme.


«Au-delà de la simple reconstitution historique, Deux procureurs résonne comme un miroir à la Russie de Poutine et un signal d’alerte face aux dangers qui menacent nos pays occidentaux et à la porte desquels le totalitarisme continue de frapper.» (Yetty Hagendorf, Historia)

«La force du film réside dans cette frontalité, ce caractère implacable, cette sensation de mauvais rêve qui s'insinue lentement, et dont Loznitsa nous dit très clairement que, loin d'être circonscrit au passé, il menace toujours de revenir nous hanter.» (Frédéric Foubert, Première)

«Deux procureurs est explicitement réalisé à l'époque de Vladimir Poutine, pour inviter à percevoir tout ce qui a changé et tout ce qui n'a pas changé. Sans aucun anachronisme.» (Jean-Michel Frodon, Slate)



Un jour avec mon père

d’Akinola Davies Jr.
Fiction, Nigéria/Royaume-Uni, 2025, 1h34, v.o. anglais sous-titrée français, 16/16

Un Jour avec mon pèreMy Father’s Shadow en langue originale – est un récit semi-autobiographique se déroulant sur une seule journée dans la capitale nigériane, Lagos, pendant la crise électorale de 1993. Un père tente de guider ses deux jeunes fils à travers l’immense ville alors que des troubles politiques menacent.


Premier long-métrage d’Akinola Davies Jr., premier film nigérian présenté à Cannes, mention spéciale du jury de la Caméra d’Or 2025 et tout juste vainqueur dans la catégorie Meilleur Premier Film des BAFTAs, Un Jour avec mon père nous plonge dans une journée particulière pour l’histoire du Nigéria à travers le road-trip inattendu d’un père et de ses fils. Un premier film plus que réussi d’un cinéaste à suivre.


« Le film prend la forme d’un véritable road movie urbain dans lequel les protagonistes font diverses rencontres, attendues ou fortuites. Akinola Davies prend ainsi la température d’une société en crise où les opportunités se font rares mais où l’espoir domine. » (Benjamin Bidolet, Abus de Ciné)



DJ Ahmet

de Georgi M. Unkovski
Fiction, Macédoine du Nord, 2025, 1h39, v.o. turc et macédonien sous-titrée français, 10/12

Dans un village isolé de la minorité turque Yörük de Macédoine du Nord, le jeune Ahmet, 15 ans, trouve refuge dans la musique, alors qu’il tente de naviguer entre les attentes de son père et une communauté conservatrice. Dans le même temps, il vit sa première histoire d’amour avec une jeune fille, hélas déjà promise à un autre.

Premier long-métrage du cinéaste nord-macédonien Georgi M. Unkovski, vainqueur de multiples prix au Festival du Film de Sundance, au Festival de Seattle et au European Film Festival de Séville, le film aborde avec justesse les défis liés au fait de grandir dans un environnement traditionaliste lorsque l’identité et les désirs individuels entrent en collision avec les attentes du collectif. Avec la musique, le personnage d’Ahmet montre la place que prend l’art dans le besoin de s’émanciper, allant parfois jusqu’à créer le changement tant attendu.


««Un amour qui défie les traditions dans un crowdpleaser entraînant qui a le cœur sur la main.» (Roland Meier, OutNow)

«DJ Ahmet maintient un équilibre merveilleux entre rires francs et moments graves. Le film ne vire jamais à la farce, non plus qu’il ne verse dans le mélo.» (François Lévesque, Le Devoir)



Romería

de Carla Simón
Fiction, Espagne/Allemagne, 2025, 1h54, v.o. espagnol sous-titrée français, 14/14

Afin d’obtenir un document d’état civil pour ses études supérieures, Marina, adoptée dans l’enfance, doit renouer avec une partie de sa famille biologique. Guidée par le journal intime de sa mère qui ne l’a jamais quitté, elle se rend sur la côte atlantique espagnole et rencontre tout un pan de sa famille paternelle qu’elle ne connait pas. L’arrivée de Marina va faire ressurgir le passé. En ravivant le souvenir de ses parents, elle découvre ainsi les secrets de cette famille, les non-dits et les histoires cachées.

Troisième long métrage de Carla Simón et présenté en compétition officielle au Festival de Cannes, Romería clôt une trilogie consacrée à la mémoire familiale entamée avec Été 93, Meilleur premier film à la Berlinale en 2017, et Nos soleils, Ours d’or en 2022. Inspiré de sa propre histoire, son nouveau film offre une réflexion sensible sur l’héritage, l’oubli et la reconstruction intime.


«À la table des secrets, la jeune Llúcia Garcia apporte sa vérité, une beauté réfléchie, lumineuse et émouvante, l’intelligence sensuelle de son corps, cette solide promesse de vie issue d’une génération sacrifiée. L’héroïne modeste et inoubliable d’un film magnifique, qui navigue entre deux époques, avec la grâce fragile et opiniâtre d’un grand voilier.» (Cécile Mury, Télérama)


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