30 décembre


films du mois

15h

Tótem

De Lila Avilés
Fiction, Mexique, Danemark, France, 2023, 1h35, v.o. s-t fr., 16/16

La jeune Sol, sept ans, aide sa famille à organiser un anniversaire surprise pour son père, hélas gravement malade. Alors que les adultes s’agitent pour les préparatifs et n’abordent le sujet de la maladie qu’à demi-mot, Sol les observe, en tentant de percer le mystère de cette fête qui revêt une importance si particulière…

En adoptant le point de vue d’une enfant, la cinéaste mexicaine Lila Avilés nous plonge dans un huis clos d’une grande authenticité, où elle brosse un portrait de famille en mosaïque.
Largement primé en festival et notamment à la Berlinale, Tótem se distingue par la fluidité de sa mise en scène et décuple sa puissance par l’empreinte de la culture mexicaine et de son mysticisme, où la vie et la mort sont aussi fêtées que pleurées. Une œuvre réparatrice pour célébrer la vie.
«Lila Avilés tisse une dentelle délicate, pénétrante et ultra-sensible en s’immergeant au cœur de la nature humaine.» (Cineuropa)


films du mois

17h

Notre Corps

De Claire Simon
Documentaire, France, 2023, 2h48, en français, 16/16

Dans un hôpital parisien, la cinéaste Claire Simon filme le service gynécologique où les destins de femmes se croisent: interruption de grossesse, endométriose, procréation médicalement assistée, maternité, transition de genre, cancer… Avec sa caméra, elle s’installe dans les cabinets de consultation ou dans les chambres, recueillant les histoires médicales et intimes de ces personnes et partageant leurs espoirs, leurs désirs et leurs peurs. Puis, le destin de Claire Simon croise le leur… Une œuvre essentielle de cinéma et d’humanité.

La cinéaste française livre avec Notre corps, présenté notamment à Berlin et à Visions du Réel, un documentaire ample et émouvant, offrant, au cœur de cette "valse folle des destinées", une réflexion passionnante et importante sur le rapport au corps, à l'intime et aux soins.
«Claire Simon parvient à filmer l’indicible, ces synapses au travail entre les patientes qui portent chacune leur histoire singulière, et le corps médical qui en porte des milliers. Elle signe l'un de ses films les plus essentiels, faisant apparaître la beauté de l’humanité autant dans les premiers que dans les derniers instants de nos vies.» (Visions du Réel)
«L’une après l’autre les patientes tournent autour de leurs désirs, de leurs douleurs ou de leurs peurs, et on les remercierait volontiers d’avoir témoigné ainsi à visage découvert. Car ce sont elles qui hissent le film au rang de service public, elles et le regard de Claire Simon, lequel donnera à toutes les femmes, des deux côtés de l’écran, ce sentiment d’avoir été vues et comprises.» (Libération)
«Dans Notre corps, la réalisatrice suit des patientes dont les parcours, très différents, dessinent pourtant une histoire collective. Et finit par se retrouver elle même devant la caméra. Une expérience forte et limpide» (Télérama).

CLAIRE SIMON À PROPOS DE SON FILM
Ce n'est pas facile de filmer le corps à l'hôpital, parce qu'il est largement caché lors des opérations, des accouchements. Je voulais donc y aller franchement en matière de représentation: des seins, des actes de palpation de chair, des ventres, des peaux. Il s'agissait presque de se mettre du côté de la sculpture.
Je n'ai pas l'impression de l'avoir fait brutalement, au contraire, avec le plus d'amour possible. Le corps féminin est habituellement montré dans sa beauté, comme objet de désir, mais sa réalité est toujours cachée. Or, là, c'est justement ce à quoi j'avais accès. Mon intention était aussi de filmer comment le langage se relie aux corps; j’étais fascinée de voir que nommer menait à désigner, puis palper son propre corps. Surtout chez les médecins joignant le geste à la parole, comme lorsque l’un d’entre eux pointe les ovaires en touchant le bas de son ventre d'homme. Le corps, la langue et la langue du corps, c'est ce qui m'intéressait.


films du mois

20h

La Chimera

D'Alice Rohrwacher
Fiction, Italie, France, Suisse, 2023, 2h14, v.o. s-t FR., 16/16

Chacun poursuit sa chimère sans jamais parvenir à la saisir… Pour certains, c'est un rêve d’argent facile, pour d'autres la quête d’un amour passé. De retour dans sa petite ville du bord de la mer Tyrrhénienne, Arthur retrouve sa bande de Tombaroli, des pilleurs de tombes étrusques et de merveilles archéologiques. Arthur a un don qu’il met au service de ses amis brigands: il ressent le vide. Le vide de la terre dans laquelle se trouvent les vestiges d’un monde passé. Le même vide qu’a laissé en lui le souvenir de son amour perdu, Beniamina…

Après Corpo Celeste, Le Meraviglie et Lazzaro Felice, la cinéaste italienne propose avec La Chimera «un voyage à travers les âges, les saisons et les civilisations, pour restituer la fresque complexe, parfois dramatique et parfois joyeuse, que constitue notre passé». Présenté en compétition à Cannes, tourné en pellicule avec une grande liberté formelle, La Chimera est un conte féérique, burlesque et exubérant. Un coup de cœur.
«En sortant de la projection de ce film de bande et de contrebande, peuplé de pilleurs de tombes étrusques, on retient deux ou trois choses qui rendent l’expérience prodigieuse: tout d’abord l’image, le grain du 35 millimètres scrutant les fresques italiennes dans un clair-obscur, le super-16 et le 16 millimètres transportant le spectateur dans le conte. La narration ensuite, qui sonde au-delà des dialogues, expérimente un langage muet et puise dans les chansons, interprétées par les comédiens, quelques éclairages sur la vie d’Arthur.» (Le Monde)
Alice Rohrwacher à propose de son film: «Là où j'ai grandi, on entendait souvent des histoires de trésors cachés, de fouilles clandestines et d'aventures mystérieuses. Il suffisait de tendre une oreille dans un bar pour entendre parler de cet homme qui avait découvert une tombe villanovienne un jour avec son tracteur; de cet autre qui, en creusant la nuit, avait déterré un collier d'or si long qu'il pouvait encercler sa maison avec; et d'autres encore qui avaient fait fortune en vendant, en Suisse, un vase étrusque déniché dans leur cave. Cette proximité entre le sacré et le profane, entre la mort et la vie, qui m'a fascinée pendant toute mon enfance, a façonné mon regard de cinéaste. C’est pour cela que j'ai décidé de réaliser un film qui raconte cette intrigue aux multiples facettes. Cette relation entre deux mondes, probablement la dernière pièce d'un triptyque (après Les Merveilles et Heureux comme Lazzaro) qui s'interroge sur une question qui m’est chère: que faire du passé?»

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