mai   


Rencontre cinéma

mardi 2 mai
20h

Rencontre: Alma viva de Cristèle Alves Meira

Après de nombreux courts-métrages remarqués, la cinéaste lusitanienne Cristèle Alves Meira signe avec Alma Viva son premier long-métrage: un conte sincère et touchant, inspiré de sa propre enfance et empreint de réalisme magique. Sélectionné à la Semaine de la Critique de Cannes en 2022, le film dépeint, avec un certain humour et un regard presque anthropologique, l’atmosphère d'un village hors du temps. Un film sur le deuil, la sorcellerie, la transmission et l’amour, à l'affiche tout le mois de mai et le mardi 2 mai en présence de la cinéaste.

ALMA VIVA DE Cristèle Alves Meira
(Fiction, Portugal, Belgique, France, 2022, 1h28, v.o. s-t fr., 16/16) – Comme chaque été, la petite Salomé, 9 ans, retrouve son village familial, niché au creux des montagnes portugaises. Ses vacances commencent dans l’insouciance mais, hélas, sa grand-mère adorée décède subitement. Alors que les adultes se déchirent au sujet des obsèques, Salomé est hantée par l’esprit de celle que l’on considérait comme une sorcière.
«Naissance d’une cinéaste magique: en moins d’une heure trente, avec une simplicité confondante, Cristèle Alves Meira embrasse la chronique naturaliste et le conte occulte, le western rural et le drame familial.» (Télérama)
«Alma Viva est la consécration d’une œuvre déjà foisonnante, et d’une rare cohérence. Brouillant les frontières entre éléments fictifs et biographiques, Cristèle Alves Meira nous convie au cœur d’un récit intime, où la chronique familiale rencontre le spirituel.» (Bande à Part)
«Spirituel et âpre, le film évoque avec poésie le lien entre la vie et la mort, si bien qu’on aurait aimé qu’il dure un peu plus longtemps (une heure et demie). Et il nous émeut jusqu’à la dernière seconde.» (Elle)

La cinéaste à propos du film
Le projet est né d’un sentiment d’injustice que j’ai ressenti à la mort de ma grand-mère maternelle. J’avais une vingtaine d’années et j’ai vu mes oncles et mes tantes se déchirer autour de sa dépouille pour une vulgaire question d’argent. Elle n’était pas encore enterrée qu’on se disputait déjà pour savoir qui allait payer sa pierre tombale. Elle est restée sans sépulture pendant deux ans.
Cette brutalité dans les rapports humains m’a frappée au point de vouloir en faire un film. J’avais besoin de comprendre ce qui pouvait mener à ça. De cette histoire personnelle, il reste seulement une scène dans le film. Parce que très vite, mon attention s’est focalisée sur la relation d’une grand-mère avec sa petite-fille. Une histoire d’amour entre deux générations de femmes, celle d’avant et celle d’aujourd’hui, liées à tout jamais par un héritage puissant. Alma Viva, c’est donc l’histoire de Salomé, 9 ans, qui revient au Portugal le temps d’un été auprès de sa grand-mère adorée. C’est le Portugal du soleil, des bals, des après-midis de pêche à la rivière. Mais c’est aussi le Portugal des sorts, des esprits et des morts. Lorsque sa grand-mère meurt brusquement dans des conditions étranges, Salomé découvre un héritage troublant. Comme sa grand-mère, elle a le pouvoir de dialoguer avec des forces invisibles…

À l'affiche en mai
> Toutes les projections
INFOS PRATIQUES
Portes: 19h30, Projection suivie d'une discussion: 20h
Tarifs: 15.- (plein) / 12.- (réduit) / 10.- (membres)


Événements

L'Îlot de Tizian Büchi / Événements

Pour une raison mystérieuse, deux vigiles sont chargés de sécuriser l’accès à la rivière dans le quartier des Faverges à Lausanne… Pour son premier long-métrage, le cinéaste suisse Tizian Büchi a posé sa caméra dans un des quartiers multiethniques de Lausanne. Naviguant entre le documentaire et la fiction, il y réalise une fable teintée de réalisme magique, de nostalgie et d'humour, et mêle habilement la poésie et la sociologie. Lauréat du Grand Prix à Visions du Réel en 2022, nommé aux Prix du cinéma suisse, L'Îlot est à l'affiche tout le mois de mai et est à découvrir lors de cinq soirées spéciales en mai et juin.

L'Îlot de Tizian Büchi
(Docufiction, Suisse, 2022, 1h46, en français, 8/12) – Dans la chaleur de l’été, deux vigiles sécurisent la rivière en contrebas du quartier des Faverges à Lausanne. Ammar est nouveau dans le métier, et Daniel partage avec lui son expérience. Au gré des rondes et des rencontres, un territoire se dessine, une amitié se construit. Qu’a-t-il bien pu se passer près de la rivière?
«Dans cette oasis, que n'aurait pas reniée Bachelard, murmurent les voix de l'eau vive et de la faune, telle une fantasmagorie primordiale et édénique que contemplent deux "êtres de la forêt". Le film glisse alors vers une sorte d'enquête où l'on évoque une légende autour de la rivière coulant pour ainsi dire au pied des Faverges, un quartier périphérique de Lausanne où ont poussé des immeubles fonctionnels abritant des retraités et des familles immigrées. Au cours de leurs rondes absurdes, aux accents de comédie – en écho à d'autres duos improbables de films de fiction – une amitié se construit, tandis que se dessine un territoire bigarré, bordé par ce mystérieux Îlot de verdure, un "trou" aux confins de la civilisation. Tizian Büchi signe une brillante fable documentaire qui interroge subtilement la société de surveillance.» (Visions du Réel)

RENCONTRE CINéMA: AVANT-PREMIèRE
Mercredi 3 mai à 20h en présence du cinéaste et de l'équipe du film
Portes à 19h30, Projection suivie d'une discussion à 20h
Apéritif dans le foyer du cinéma à l'issue de la discussion
> Achat de billets en ligne

Installation, Promenade et projection avec le MCBA ET L’éprouvette
Dimanche 7 mai / Promenade commentée à 15h et projection de L'Îlot à 18h
Du 7 avril au 7 mai, le Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne (MCBA) expose l'installation Entrer dans l'îlot réalisée par Tizian Büchi en écho à son film. Pour clore cette exposition spéciale, le dimanche 7 mai, le MCBA invite le public à une promenade commentée en lien avec l'installation et le film: partant du MCBA, Matthieu Jaccard et des chercheuses et chercheurs de l’Université de Lausanne emmènent les participants et participantes à la découverte des architectures et paysages lausannois, en suivant les lignes de chemin de fer depuis le MCBA jusqu’au quartier des Faverges, et révélant la dimension politique de l’espace bâti et du paysage. La promenade se poursuivra par un apéritif dans le foyer du Cinéma CityClub et la projection de film L'Îlot à 18h. En collaboration avec L’éprouvette, le laboratoire Sciences et Société de l’Université de Lausanne.


RENCONTRE: PROJECTION EN PARTENARIAT AVEC LE THéÂTRE VIDY-LAUSANNE
Lundi 15 mai à 19h / Projection et discussion autour de L'Îlot et de Paysages partagés: 7 pièces entre champs et forêt
Né avec la peinture de scènes naturelles, le concept de paysage a longtemps été réduit aux vues panoramiques qu'offre la position du surplomb. La réappropriation du paysage par les arts vivants et le cinéma permettent de véhiculer une vision dynamique, collective et expérientielle du paysage, mettant en jeu nos perceptions de la nature et la relation aux lieux que nous habitons. Qu'est-ce qui se joue lorsqu'on déplace la scène du théâtre en pleine nature? Quelles nouvelles formes paysagères émergent lorsque la topographie du lieu empêche le regard lointain?
Du 14 mai au 18 juin, le Théâtre Vidy-Lausanne propose le spectacle Paysages partagés: 7 pièces entre champs et forêts à Chalet-à-Gobet, imaginé par Caroline Barneaud, Stefan Kaegi et créé avec dix artistes invité·e·s. À cette occasion, le Cinéma CityClub propose une projection spéciale du film L'Îlot, en présence du cinéaste, suivie d'un dialogue avec la chercheuse en humanités environnementales Leila Chakroun et un.e artiste de Paysages partagés.

Portes à 18h30, Projection suivie d'une discussion à 19h
> Achat de billets en ligne pour la projection à 19h

PROMENADE ET PROJECTION EN COLLABORATION AVEC LES "SAUVAGEONS EN VILLE"
Mardi 30 mai / Promenade commentée à 18h et projection de L'Îlot à 20h30
Le mardi 30 mai, la projection de L’Îlot sera précédée d'une promenade sur les traces de la flore spécifique du quartier des Faverges, parfois désirée, souvent délaissée voire considérée comme invasive. En compagnie de la botaniste Françoise Hoffer-Massard du Cercle Vaudois de Botanique et John Pannell, chercheur en évolution des plantes à l’Université de Lausanne. À l'issue de la conférence marchée, un repas sera réalisé à partir d’essences végétales du quartier. Deux ateliers participatifs se tiendront l’après-midi. Un premier autour des espèces invasives, avec John Pannell, biologiste, et Linda Virchaux, artiste culinaire: cueillettes et échanges au bord de la Vuachère, suivies d’un cours de cuisine. Un second atelier de géobiologie avec Pierre Halter pour explorer l’énergie particulière d’une oasis de nature en ville. Une radio participative, un concert et un bar tenu par la Maison de quartier des Faverges seront également proposées au public. Cette journée particulière se terminera avec la projection au CityClub de L'Îlot à 20h.

Rendez-vous pour la promenade: 18h à l’arrêt du bus Avenue du Léman (ligne 9), projection au CityClub: 20h30 (portes à 20h)
> Achat de billets en ligne pour la projection

CONFÉRENCE MARCHÉE, ATELIERS PARTICIPATIFS ET RENCONTRES FESTIVES AUX FAVERGES
Samedi 3 juin / Autour du thème de la nature en ville: conférence marchée à 10h30 suivie d’animations dans le quartier des Faverges et d'une projection de L'Îlot à 20h
Dans le cadre du cycle Entrer dans l’îlot, la projection du film de Tizian Büchi le samedi 3 juin sera précédée par une journée de balades, de rencontres et d'ateliers dans le quartier des Faverges autour du thème de la nature en ville, en collaboration avec L’éprouvette, le laboratoire Sciences et Société de l’Université de Lausanne et la Ville de Lausanne. À l'issue de la conférence marchée, une dégustation de plats réalisés à partir d’essences végétales du quartier sera proposée. Deux ateliers participatifs se tiendront l’après-midi. Un premier autour des espèces invasives, avec John Pannell, biologiste, et Linda Virchaux, artiste culinaire: cueillettes et échanges au bord de la Vuachère, suivies d’un atelier de cuisine. Un second atelier de géobiologie avec Pierre Halter pour explorer l’énergie particulière d’une oasis de nature en ville. Une radio participative animée par Loose Antenna, un concert de Duo Nativ (bossa nova et samba), de la petite restauration et un bar tenu par la Maison de quartier des Faverges seront également proposés au public. Cette journée particulière se terminera avec la projection au Cinéma CityClub de L'Îlot à 20h.


À l'affiche en mai
> Toutes les projections régulières

INFOS PRATIQUES
Ouverture des portes: 30 minutes avant le début des projections
Tarifs des projections: 15.- (plein) / 12.- (réduit) / 10.- (membres)


Projection spéciale

lundi 8 mai
20h

Cinema Unlimited: 20 ans des Open Doors à Locarno

En 2022, le Festival de Locarno a fêté le vingtième anniversaire de son programme Open Doors, une section qui soutient la production de films dans des régions du monde où le cinéma indépendant est particulièrement difficile à faire. Une initiative qui vise à construire des des ponts entre les pays et les continents, à encourager le développement de projets, et à créer un espace de création et de discussion pour les talents. Afin de célébrer cet anniversaire, le Festival a proposé à quelques cinémas suisses de projeter certains des films sélectionnés durant deux décennies: des joyaux qui constitue le cœur battant d'Open Doors, de 2003 à aujourd'hui. Le Cinéma CityClub s'associe à l'événement et propose la projection du film Autobiography, un premier long-métrage percutant, primé notamment à Venise, Tokyo et Marrakech, où le cinéaste indonésien Makbul Mubarak aborde les conséquences de la dictature militaire sur la jeunesse de son pays.

Autobiography de Makbul Mubarak
(Fiction, Indonésie, 2022, 1h55, v.o. s-t fr., 16/16) – Dans un village des montagnes indonésiennes, Rakib, un jeune homme déchiré entre la loyauté et la justice, travaille comme homme de ménage dans un manoir vide appartenant à Purna, un général à la retraite. Lorsque Purna séjourne au manoir pour entamer sa campagne électorale, Rakib se lie avec le vieil homme, qui devient un mentor et une figure paternelle. Lorsqu'une affiche électorale de Purna est vandalisée, Rakib n'hésite pas à traquer le coupable…

Makbul Mubarak à propos du film
"Pendant les trois décennies de la dictature militaire indonésienne, du milieu des années 1960 à la fin des années 1990, mon père a travaillé comme fonctionnaire sous le régime. J'ai grandi en sachant qu'il présentait sa loyauté envers l'État comme quelque chose qui semblait faire partie de la vie de ma famille. Mais en grandissant, une question a commencé à me tarauder: la loyauté est-elle encore honorable lorsqu'elle est liée à quelque chose de monstrueux? Autobiography est une exploration émotionnelle de ma jeunesse, de mon pays et des valeurs avec lesquelles j'ai grandi et qui sont encore enseignées partout aujourd'hui, 80 ans après l'effondrement de la dictature."

LIENS
> Le site du Festival de Locarno
> Le programme Open Doors du festival

INFOS PRATIQUES
Portes: 19h30, Projection précédée d'une présentation: 20h
Tarifs: 15.- (plein) / 12.- (réduit) / 10.- (membres)


Projection spéciale

mardi 9 mai
18h

Projection avec La Marmite: Le Vent se lève

Mouvement artistique, culturel et citoyen, La Marmite agit pour l’accès et la participation à la culture de toutes et tous. Devenue un des acteurs majeurs de la participation culturelle de Suisse romande, l’association propose depuis 2016 des parcours pluridisciplinaires à des personnes habituellement absentes ou sous-représentées parmi les publics de l’offre culturelle. Cette année, La Marmite s’associe au Théâtre de Vidy-Lausanne, à l’Arsenic et au Cinéma CityClub pour organiser un parcours destiné à des usagers et usagères du Service social de la Ville de Lausanne. Animé par un duo de médiatrices et par le metteur en scène Fabrice Gorgerat, le parcours travaille la thématique du souffle en amenant les participants et participantes au théâtre, dans l’atelier d’une souffleuse de verre, à la rencontre d’un consultant vocal et au CityClub pour la projection du film Le Vent se lève d’Hayao Miyazaki.

LE VENT SE LÈVE D'HAYAO MIYAZAKI
(Animation, Japon, 2013, 2h07, version française, 8/12 ans) – Inspiré par le fameux concepteur Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Mais sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote, et il se fait engager dans le département aéronautique d’une entreprise d’ingénierie en 1927. Le Vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements qui ont profondément influencé le cours de son existence. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle.
«Un chef-d’œuvre qui devrait tous nous réconcilier avec ce cinéma, nous convaincre de sa totale modernité et de sa capacité à l’abstraction.» (Les Inrockuptibles)
«Un grand film, qui a l'ambition d'embrasser beaucoup, d'embrasser un peuple, un pays, une époque, la terre, les hommes, de traverser le temps.» (Les Cahiers du Cinéma)
«La patte de cet artisan à l'ancienne devrait être montrée dans toutes les écoles et décrite, bien sûr, dans les livres d'Histoire. Avec Le Vent se lève, fable sur un ingénieur en aviation, Hayao Miyazaki prend sa retraite au sommet.» (Le Matin)
«Le cinéaste japonais signe son ultime chef-d'œuvre, le plus mélancolique et le plus réaliste.» (La Tribune de Genève)


À PROPOS DU FILM
«Cinéaste visionnaire, mangaka et écologiste, Hayao Miyazaki est devenu en quelques dix films réalisés avec génie la star de "l’anime", le cinéma d’animation japonais. D’une beauté stupéfiante, Le Vent se lève, annoncé à sa sortie comme le dernier dessin animé avant la retraite du directeur des Studios Ghibli, délaisse le féminisme et l’animisme shinto chers au réalisateur pour se concentrer avec désenchantement sur le réel et les méandres de l’Histoire.
En cela, Le Vent se lève porte non seulement l’empreinte de la catastrophe de Fukushima, mais aussi celle de la propre existence de Miyazaki, celles de sa mère atteinte de tuberculose et de son père, qui fabriquait des bombardiers. Et le cinéaste de conjurer lui-même ses angoisses d’enfant dans cette œuvre, dont le titre est tiré d’un vers de Paul Valéry, «Le vent se lève… Il faut tenter de vivre!», une métaphore de l’incertitude, comme si le monde selon Miyazaki était arrivé à un nouveau point de bascule…
Le Vent se lève nous propulse dans les années 1920, dans un Japon en proie à des désastres qui évoquent les catastrophes actuelles: le séisme de Kantō en 1923, la Grande Dépression, les épidémies et le basculement dans la Deuxième Guerre mondiale… Miyazaki nous raconte l’histoire véridique de Jirō Horikoshi qui, enfant déjà, rêvait de construire des aéroplanes. Devenu adulte, cet idéaliste va concrétiser son rêve, mais en construisant l’avion de combat «Zero-sen», dont allaient se servir les kamikazes. De cette contradiction et de ce rêve dévoyé par l’Histoire, Miyazaki tire un mélo animé admirable d’humanité, dont les traits atteignent une épure formidable en épousant l’ondulation et la poésie du vent!»
(Vincent Adatte, Passion Cinéma)

PROJECTION
Projection gratuite, ouverte à toutes et à tous. Le film sera projeté dans sa version française et accessible aux enfants dès 8 ans.

LIEN
> Le site de l'association La Marmite
INFOS PRATIQUES
Portes: 17h30, Projection précédée d'une présentation: 18h
Entrée gratuite, réservations possibles sur la billetterie en ligne


Rencontre cinéma

mardi 9 mai
20h30

Rencontre: Chevalier noir d'Emad Aleebrahim Dehkordi

Grand prix au festival Premiers Plans d’Angers et Étoile d’Or au Festival de Marrakech en 2022, le film iranien Chevalier noir d’Emad Aleebrahim Dehkordi, tourné avant les révoltes récentes, s'inspire de la mythologie iranienne et d'une histoire ayant impliqué des proches du cinéaste. Un portrait saisissant de l’Iran contemporain, entre tragédie classique, chronique familiale et thriller haletant, projeté en présence du cinéaste et à l'affiche tout le mois de mai.

Chevalier noir d'Emad Aleebrahim Dehkordi
(Fiction, Iran, France, Allemagne, Italie, 2022, 1h42, v.o. s-t fr., 16/16) – Iman et son jeune frère Payar sont inséparables malgré leurs différences. Ils vivent avec leur père dans un quartier du nord de Téhéran. Après la mort de leur mère, Iman cherche à tout prix à sortir de l’impasse d’une vie quotidienne étouffante et profite de ses relations privilégiées avec la jeunesse dorée de Téhéran pour se lancer dans un juteux petit trafic. Mais ce qui semblait être le chemin vers un nouveau départ les entraîne tous deux dans une spirale qui va bouleverser leur destin.
«Ce film noir témoigne de certaines réalités douloureuses de l’Iran contemporain et révèle un metteur en scène qui maîtrise les codes du cinéma de genre. Une des plus belles découvertes de l’hiver.» (Marianne)
«Chevalier noir montre une jeunesse iranienne bafouée mais salue sa noblesse, sa grandeur. Et nous va droit au cœur.» (Télérama)
«À la fois conte, thriller et tragédie, Chevalier noir fascine par sa fluidité et son sens du timing – des silences et hésitations minutieusement placés qui en disent plus que vingt lignes de dialogues, une capacité à surprendre quand tout semble terriblement évident – et un ultraréalisme proche du documentaire (caméra à l’épaule, vue subjective).» (Libération)
«Si le fantastique revient par petites touches, c’est dans son réalisme que le film trouve un ton plus personnel, en racontant comment les deux frères, marqués par la disparition récente de leur mère et héritiers d’une parcelle de terre près de la ville, se retrouvent intimement "déplacés" par leurs relations avec d’anciens expatriés.» (Les Cahiers du Cinéma)
«La caméra alerte d’Emad Aleebrahim Dehkordi, plasticien originaire d’Iran et diplômé de l’école du Fresnoy, ne lâche pas d’un pouce son héros sous tension permanente et révèle dans sa foulée, et avec un tact saisissant, une kyrielle de personnages captivants.» (Le Journal du Dimanche)


Emad Aleebrahim Dehkordi à propos du film
J'ai commencé à écrire le scénario en 2012. À cette époque, je m’intéressais beaucoup à la mythologie perse. Un jour, alors que je vivais déjà à Paris, ma mère m’a appelé pour me raconter une histoire vraie qui venait d’avoir lieu dans mon quartier du nord de Téhéran et qui avait impliqué certains de mes amis, une histoire de revanche ratée. Cette histoire m’a bouleversé, j’ai été frappé par sa violence abrupte et son potentiel tragique.
Sa résonance avec des histoires narrées dans la mythologie iranienne m'a sauté aux yeux: on y trouve beaucoup de récits de revanche et d’héritage. On y explore les liens complexes entre père et fils, entre frères, mais aussi des histoires d’amour qui viennent bouleverser les destins. J’y ai vu la possibilité de raconter une histoire très contemporaine, ultraréelle, avec les codes narratifs du conte persan. Ces deux frères sont des chevaliers qui doivent défendre un territoire, la moto n’est qu’un destrier maudit. Et le quartier de Shemroon, où a été tourné le film et qui surplombe Téhéran, ressemble à une citadelle, une sorte de château-fort…
L’histoire est donc inspirée par des vraies gens autour de moi, notamment deux frères qui vivaient seuls avec leur mère au moment du fait divers. Leur père était absent. Mais j’ai rapidement dû changer cela dans le scénario car je me suis confronté à l'impossibilité de montrer l'intimité d'une mère avec ses garçons à cause de la censure. Dans le milieu que je mets en scène, les femmes ne portent pas de foulard chez elles, or j'aurais été obligé de la filmer avec un foulard. Je ne pouvais pas croire à cela. J'ai donc renversé la situation, et l'absence de la mère est devenue le catalyseur de la crise qui éclate dans la cellule familiale.
C’est le même problème pour les autres personnages féminins. Lorsque je filme Hanna, elle est soit en train de sortir et a déjà mis son foulard, soit entre deux portes avec sa capuche. Cela rend le port du foulard imposé par la censure plus réaliste, même si ça complique quand même la mise en scène et demande des concessions.
Ce n'est par ailleurs pas simple de filmer la jeunesse à Téhéran, de mettre en scène le monde de la nuit en suivant les règles de la censure. Il faut rester en équilibre sur une ligne très fine. C’est pour cette raison qu’on ne voit pas de films sur ce milieu-là, et il faut réussir à trouver une forme à la frontière du réalisme et des règles imposées en Iran.

À l'affiche en mai
> Toutes les projections
INFOS PRATIQUES
Portes: 20h, Projection suivie d'une discussion: 20h30
Tarifs: 15.- (plein) / 12.- (réduit) / 10.- (membres)


Rencontre cinéma

mardi 16 mai
20h

Rencontre: La Vie acrobate

Diplômée de l'ECAL en 2020, Coline Confort vient présenter son premier long-métrage documentaire, La Vie acrobate, où elle retrace le retour au cirque d'une acrobate et athlète de haut niveau de paracyclisme, Silke Pan. Remarquée avec son précédent film, le court documentaire Impériale qui brosse le portrait d'une jeune femme désirant rejoindre un régiment de reconstitution historique réservé aux hommes –, la cinéaste poursuit son travail et ses réflexions sur les parcours de vie. Elle sera accompagnée à Pully du producteur du film Emmanuel Gétaz, ainsi que des deux protagonistes principaux, l'athlète Silke Pan et son mari Didier Dvorak.

La Vie acrobate de Coline Confort
(Documentaire, Suisse, France, 2022, 1h18, en français, âge à venir) – Silke, athlète de haut niveau de handibike, se prépare intensément pour les Jeux Paralympiques de Tokyo. Mais, entre deux entraînements, elle nourrit l’espoir de retourner sur une piste de cirque, le lieu de son accident avec son mari et partenaire Didier. Tiraillée entre ses responsabilités de compétitrice et ses rêves d’acrobatie, Silke devra affirmer ses choix.

Coline Confort à propos du film
Avec ce film, je souhaite proposer un portrait intime de Silke Pan, au-delà de sa carrière d’athlète, en racontant avant tout son histoire personnelle et l’amour qui la lie à Didier. Le film dessine le chemin de résilience que le couple partage au quotidien. Le retour au cirque que Silke espère lui permet de reconstruire une image positive d’elle-même, de s’accepter en dehors du milieu de la compétition sportive et des médailles, et peut-être même de sublimer ses blessures, de rétablir un équilibre…
Silke se bat, cherche de nouvelles techniques pour tenir en équilibre sur son podium. Va-t-elle continuer jusqu’à Tokyo et vivre l’apothéose qu’on lui promet, alors qu’elle avoue ne s’être jamais passionnée pour le cyclisme? Va-t-elle au contraire abandonner le sport d’élite pour retourner à ce qui la fait réellement vibrer, en équilibre sur les mains?

INFOS PRATIQUES
Portes: 19h30, Projection suivie d'une discussion: 20h
Tarifs: 15.- (plein) / 12.- (réduit) / 10.- (membres)


Film et concert

dimanche 28 mai
18h30

«Les esprits de la Calabre» avec Davide Ambrogio

Concert de Davide Ambrogio précédé du film Le Quattro Volte de Michelangelo Frammartino

Une soirée puissante, tout en beauté, émotion, tradition… Comme un instantané de la richesse d’une terre particulière, qui sera célébrée par le concert solo étourdissant de Davide Ambrogio, et par le film Le Quattro Volte de Michelangelo Frammartino, ode poétique et sublime à la vie et la nature, projetée en première partie.

20h30: Davide Ambrogio en concert
Aspromonte, superbe massif de la Calabre. Une terre où la merveilleuse nature encore sauvage est la toile de fond de conditions sociales et économiques difficiles, et où vivent encore d’anciens rituels religieux et chants de dévotion. Davide Ambrogio y est né, et s’est inspiré de l’héritage de la tradition orale de cette région pour créer son propre langage musical. Chanteur et multi-instrumentiste d’exception, reproduisant à lui seul la puissance des tarentelles, il propose une véritable célébration de sa terre et de sa culture. Son premier album, Evocazioni e Invocazioni, est une merveille, où chaque chanson et chaque son, comme dans la tradition, se manifestent au sein d’un rite, et où chaque morceau est lié à une fonction spécifique – de la berceuse au chant de protestation, de la complainte à la conjuration. Un concert immersif de toute beauté, porté par la voix du Calabrais et par le son de la lyre, de la guitare à crayons, du tambourin, de la zumpettana, de la cornemuse et de l’électronique joué en direct, qui raconte une vérité intime, actuelle, puissante.

Précédé à 18h30 du film Le Quattro Volte de Michelangelo Frammartino
(Fiction, Italie, Suisse, Allemagne, 2010, 1h28, 16/16) – Dans un paisible village médiéval perché dans les montagnes de Calabre, un vieux berger vit ses derniers jours, sous le regard de ses chèvres qui ont envahi sa masure. L’une d’elles donne naissance à un chevreau. Le petit est sevré, puis s’égare du troupeau, erre, et le soir venu va se blottir contre un sapin majestueux, qui change lentement au gré des saisons. Ce dernier sera choisi par des villageois pour la fête de la Pita et sera remis aux charbonniers… En Calabre, la nature ne connaît pas de hiérarchie. Tout être possède une âme.
Tournant dans sa Calabre natale, enchâssant habilement quatre récits, Michelangelo Frammartino offre une vision poétique des cycles de la vie, du règne de la nature et des traditions intactes d'un lieu hors du temps. Une œuvre cinématographique transcendante et d’une beauté irradiante, notamment primée à Cannes, à Taormina et au festival du cinéma italien d’Annecy.
«Entre symbolisme et surréalisme, avec un humour visuel et sonore d'une grande sophistication, à la frontière poreuse entre documentaire et fiction, Le Quattro Volte de Michelangelo Frammartino, chaman calabrais, nous ramène à un temps immémorial, avec un regard totalement contemporain.» (Les Inrockuptibles)
«Aucune prise de tête dans Le Quattro Volte, rien que de la poésie secrète, une captivante exploration de coutumes et des temps qui scandent vie, mort, et renaissance. Une éblouissante limpidité narrative.» (Le Monde)

INFOS PRATIQUES
Portes: 18h, Film: 18h30, Concert: 20h30
Tarifs: 25.- (plein) / 20.- (membres, étudiant·e·s, avs, ac, ai, ri, carteculture)
Petite restauration sur place

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