octobre   


films du mois

Pénélope mon amour

De Claire Doyon
Documentaire, France, 2021, 1h28, en français, 16/16

Pénélope mon amour trace le parcours d’une mère, la réalisatrice Claire Doyon, et de sa fille Pénélope, jeune adulte autiste. Vingt ans de récits et d’archives familiales nous plongent dans leur histoire: le choc du diagnostic, la déclaration de guerre, l’abdication, pour finalement accepter et découvrir un mode d’existence autre.
Avec ce film doublement primé au FID de Marseille, Claire Doyon nous livre un journal intime d’une rare sensibilité et une déclaration d’amour criante d’humanité.
«Pénélope ne cesse d’acclamer ce qu’elle est, je ne cesse de questionner qui elle est. La réponse à la question est précisément dans cette quête infinie. Tout m’est renvoyé en miroir. Ainsi, n’est-ce pas Pénélope qui par ricochet me dit qui je suis?» (Claire Doyon)
«Il y a huit ans, à la faveur d’un voyage dans les steppes mongoles, Claire Doyon avait composé un lumineux portrait de sa fille atteinte d’autisme. Quelques plans en reviennent aujourd’hui dans un film qui, de centaines d’heures de rushes accumulés au fil des ans, extrait le récit d’une vie de et avec Pénélope. La narration obéit à un double mouvement. C’est d’abord, en marche avant, la chronique de guerre d’une mère qui a voué sa vie au combat contre la maladie de sa fille, contre la violence médicale et sociale. Au point, dit-elle, de renoncer à être cinéaste. Après Les Allées sombres, Pénélope mon amour prouve qu’il n’en a rien été. Car dans cette guerre, comme dit aussi, la caméra a été son arme et son bouclier. Le film ne cesse de manifester cette évidence: ce qui aide à tenir, c’est la tenue des plans face à la réalité, si douloureuse soit-elle. Cette tenue de l’attention, cette patience de l’image est ce qui permet à Claire Doyon d’y déposer aujourd’hui une parole, de réfléchir à voix nue ses années de vie avec Pénélope. Au fil des mots, un second mouvement se lève progressivement sous le premier: bouleversant récit d’apprentissage d’une mère qui renonce à la guerre pour accompagner sa fille sur la voie d’une pacification. Sous le soleil de Mongolie, parmi les rennes, les gestes de Pénélope s’épanouissent comme des fleurs. Après quoi l’image ne cesse plus de s’ouvrir jusqu’à révéler, dans la clairière d’un champ de ruines antiques, la souveraineté punk de Pénélope. Celle d’une jeune femme qui ne rentrera jamais dans le rang mais que le cinéma, parce qu’il sait aimer son existence extraordinaire, aide à trouver sa place singulière dans le monde.» (FIDMarseille)

RENCONTRE CINéMA
Mardi 18 octobre à 20h en présence de la cinéaste
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vidéo
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films du mois

Le Retour des hirondelles

De LI Ruijun
Fiction, Chine, 2022, 2h13, v.o. s-t fr., 16/16

Ma, un paysan chinois âgé, cultive la terre avec son âne et sa charrue. Comme il est le dernier de sa famille à ne pas être marié, on le contraint à épouser Guiying, une femme à la santé fragile. Alors qu’ils sont dédaignés par leurs familles respectives, l’amour qu’ils portent à la nature va les rapprocher. Entre eux, la timidité fait place à l’affection tandis que dehors, la vie rurale se désagrège… Le sixième film de Li Ruijun est une romance d’une grande tendresse et d’une beauté stupéfiante, qui reflète par la bande les contrastes de la Chine d’hier et d’aujourd’hui.
Décrivant la rencontre de deux êtres esseulés et leur lien étroit avec la terre qui les fait vivre, Le Retour des hirondelles nous raconte également un mode de vie traditionnel, en voie de disparition. En toile de fond se dessine alors un autre portrait, celui des coopératives agricoles corrompues et des promoteurs immobiliers sans scrupules. En contrepoint à l’humanité des personnages principaux et aux paysages somptueux, on devine un pays miné par l’exode rural, les relocalisations et la spoliation. Réalisateur de nombreuses fictions ancrées dans la réalité de la paysannerie, le cinéaste chinois Li Ruijun a lui-même grandi dans la province rurale du Gansu. C’est là qu’il a tourné ce sixième long-métrage.
«Li Ruijun capte à merveille toutes les énergies contraires qui composent la société rurale de la Chine contemporaine pour en faire un réquisitoire fort, beau et violent à la fois.» (Le Bleu du Miroir)


films du mois

Nos utopies communautaires

De Pierre-Yves Borgeaud
Doc., Suisse, 2022, 1h40, en français et en allemand avec s-t fr.

Après Mai 68, ils ont expérimenté les communautés, les squats ou encore l’amour libre, avec l’espoir de vrais changements. Aujourd’hui à l’âge de la retraite, ils vivent dans de nouveaux lieux de vie et promeuvent des façons de mieux vivre et de vieillir ensemble, entre écoquartier, coopérative et voisinage participatif, où il est question de biens communs et de partage. Et s’ils avaient vu juste, ces anciens contestataires aux utopies assourdies par l’individualisme triomphant?
Pour son nouveau film, le cinéaste Pierre-Yves Borgeaud (Retour à Gorée, Viramundo: un voyage avec Gilberto Gil) s'intéresse aux anciens contestataires aujourd’hui à la retraite, questionnant l’actualité et de la pertinence de leurs idées et de leurs actions sur le thème vaste et complexe du vivre ensemble. Un portrait croisé de différents protagonistes n'ayant jamais perdu leurs idéaux.

RENCONTRE CINéMA
Mercredi 28 septembre à 20h en présence du cinéaste
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Le P'tit CityClub

Dame Saisons

DÈS 4 ANS

De Célia Tisserant et Arnaud Demuynck
aNIMATION, Suisse, France, 2022, 26’, en français, 0/6 ans
Précédé de trois courts-métrages (durée totale du programme: 49')

Gros Pouce et Petit Doigt vivent seules avec leur maman au-dessus d’un village, à l’orée de la forêt. Gros Pouce, dans sa phase d’adolescence, est ronchonne, peu serviable et mesquine: elle ne met aucune bonne volonté à participer aux tâches qu’on lui demande, contrairement à sa petite sœur Petit Doigt qui les réalise avec générosité. Un jour, en descendant au fond d’un vieux puits où elle a laissé tomber son bonnet, la petite fille découvre le monde merveilleux de Dame Saisons, celle qui fait tomber la neige en secouant son édredon! Mais la vieille dame au premier abord de sorcière est surtout là pour faire grandir les deux filles, en les révélant à elles-mêmes à travers un voyage onirique. Une rencontre qui leur fait prendre conscience que pour recevoir des choses positives, il faut aussi en donner. Plus on est bienveillant, plus le monde est généreux avec nous!
Un film précédé de trois courts-métrages: Luce et le Rocher de Britt Raes (13 minutes) – une petite fille déterminée à ramener chez elle une drôle de créature qui perturbe la vie tranquille du village – et de deux histoires de Rita et Crocodile de Siri Melchior (2x5 minutes) qui suivent les aventures d’une fillette de quatre ans qui découvre le monde en compagnie de son fidèle ami Crocodile.

DOSSIER D'ACTIVITÉS
> Télécharger le dossier d'activités

SÉANCE RELAX
Dimanche 23 octobre à 15h
Les séances «Relax» offrent un cadre bienveillant et rassurant aux familles avec un enfant en situation de handicap: ouvertes à toutes et à tous, encadrées par des personnes compétentes, elles donnent la possibilité aux enfants de s'exprimer, d’entrer et de sortir de la salle à tout moment, de se manifester, avec un respect pour chacun et chacune.

LE P'TIT CITYCLUB
> Le programme de septembre à décembre (pdf)

INFOS PRATIQUES
Portes: 30 minutes avant le début des projections
Tarifs: CHF 10.- par entrée / 5.- par enfant dès le deuxième enfant.


Rencontre cinéma

Naturales Historiae / Rencontre

Artiste et cinéaste, Pauline Julier vient présenter son essai documentaire Naturales Historiae, une exploration en plusieurs chapitres de notre rapport à la nature et à ses représentations, faisant notamment intervenir le sociologue Bruno Latour et l'anthropologue Philippe Descola. À l'issue de la projection, une rencontre sera proposée sur scène avec la cinéaste, l’anthropologue Nastassja Martin et le metteur en scène Philippe Quesne, modérée par le dramaturge Eric Vautrin.
Un événement organisé en partenariat avec le Théâtre Vidy-Lausanne.


Naturales Historiae de Pauline Julier
(Documentaire, Suisse, 2019, 56 minutes, en français et chinois avec s-t fr., 16/16) – À travers différentes histoires naturelles tournées entre la Chine, la France et l'Italie, Naturales Historia interroge nos manières de penser et représenter la Nature. Chaque chapitre explore une situation d’êtres humains aux prises avec la Nature et ses images, qui révèle leurs obsessions et ébranle nos certitudes.
«Le film s'amorce par une éruption volcanique qui aurait bloqué la réalisatrice, Pauline Julier, dans une ville étrangère, au milieu d’inconnus. Ceux-ci évoquent tour à tour des légendes sur la formation des continents, l’éclosion des plaques tectoniques ou l’explosion de cendres qui auraient provoqué des étés sans soleil. À partir de cet événement, Julier décide de remettre en question le concept, aussi vaste qu’épineux, de la représentation de la nature. Séparé par différents axes thématiques tels que le paysage, la notion du sublime, la conquête spatiale, ou même la supercherie autour des catastrophes naturelles, le film retrace avec subtilité une histoire critique de la nature. Allant des notions mythologiques d’un monde dominé par les forces naturelles, au paradigme de l’Anthropocène dans lequel on se trouverait aujourd’hui, Naturales Historiae n’aborde pas la nature comme une notion universelle et objective, mais comme une pure construction discursive, une fiction. En l'absence de certitude, la nature ne serait alors peut-être que l'incompréhensible, l'indompté; tout ce que l'on ne pourrait jamais enfermer dans le cadre d’un paysage.» (Visions du Réel)

Discussion à l'issue du film: les intervenant.e.s
Pauline Julier
Pauline Julier est artiste et cinéaste. Ses films ont été présentés dans des festivals, des centres d’art et des institutions du monde entier, parmi lesquels le Centre Pompidou à Paris, le Festival Loop à Barcelone, Visions du Réel à Nyon, DOCLisboa, le Tokyo Wonder Site à Tokyo, le Museum of Modern Art en Tanzanie, le Centre d’Art de Genève, à New York, Madrid, Berlin, Zagreb, Bucharest, à la Cinémathèque à Toronto ou encore au Pera Museum Musée à Istanbul. Elle a reçu le Swiss Federal Art Price à Art Basel en 2010 et elle a présenté une exposition solo au Centre Culturel Suisse de Paris en 2017. Cette année, elle participe à l’exposition de Bruno Latour, Critical Zone au ZKM et finit une résidence d’une année à l’Institut Suisse de Rome pour un nouveau cycle de recherches et films.
Philippe Quesne
Philippe Quesne crée en 2003 le bien nommé Vivarium Studio. Le metteur en scène, plasticien et scénographe français conçoit en effet le théâtre comme un lieu d’habitat provisoire au sein d’un écosystème artificiel, imaginé pour observer une petite communauté humaine réinventer ses logiques et expérimenter d’autres façons d’évoluer, de cohabiter et de penser. À partir d’un titre et d’une scénographie, ses spectacles sont développés en collaboration avec les interprètes lors des répétitions, convoquant à l’envi le merveilleux et le microscopique, le quotidien et l'inattendu, l’humour et le tragique, le mensonge théâtral et la vérité de la nature. Parallèlement, il crée des performances ou des interventions dans l’espace public, expose ses installations et met en scène des opéras. À Lausanne, il a présenté La Mélancolie des dragons et Swamp Club à l’Arsenic, et à Vidy L’Après-midi des taupes et La Nuit des taupes en 2017, Crash park, la vie d’une île en 2019, Farm Fatale en 2022, avant d'y créer Fantasmagoria.

Nastassja Martin

Dans le cadre de sa thèse de doctorat dirigée par Philippe Descola, Nastassja Martin effectue un travail de terrain de deux ans chez les Gwich'in, une société de chasseurs-cueilleurs du nord-est de l'Alaska, dont elle tire l'essai Les Âmes sauvages. Face à l'Occident, la résistance d’un peuple d’Alaska (La Découverte, 2016) qui reçoit le prix Louis Castex de l’Académie française. En août 2015, lors d'une étude anthropologique auprès des Évènes, dans les montagnes du Kamtchatka, elle est attaquée par un ours qui emporte un pan de son visage. Croire aux fauves (Verticales, 2019) retrace cette rencontre avec le sauvage et sa reconnaissance à la croisée des mondes humains et non humains, prônant l'invention d'une nouvelle écologie des relations dans une prose empreinte d'animisme. Ce premier récit est lauréat des prix François-Sommer, Mac-Orlan, Joseph-Kessel et du Livre du Réel. Nastassja Martin a aussi coréalisé des documentaires avec Mike Magidson, dont Tvaïan, diffusé sur Arte.

PARTENARIAT
Cosmic Drama de Philippe Quesne, du 18 au 22 janvier 2023 au Théâtre Vidy-Lausanne
Un space opera intergalactique mélancolique et flashy signé Philippe Quesne. Suspendue dans les airs, une curieuse navette-météorite aménagée emporte un petit groupe d'humains se frayer un chemin à travers l’immensité de l’espace: l'humanité est désormais gravitationnelle.


CYCLE PAULINE JULIER
En plus de la projection au CityClub, plusieurs films et événements autour de l'œuvre de Pauline Julier sont proposés dans les salles romandes du 28 septembre au 7 octobre.

INFOS PRATIQUES
Portes: 12h, Projection suivie d'une discussion: 12h30
Tarifs: 15.- (plein) / 12.- (réduit) / 10.- (membres)


Le P'tit CityClub

Anna annA

DÈS 6 ANS

De Greti Kläy et Jürgen Brauer
Avec Lea et Wanda Hürlimann
Fiction, Suisse, Luxembourg, 1992, 1h15, en français, 6/8 ans

"Comme il serait bien d’avoir une sœur", pense souvent Anna... À 9 ans, la petite Anna à l’imagination débordante passe ses après-midi de congé dans un monde imaginaire qui lui permet de surmonter les difficultés qu’elle rencontre dans sa famille et à l’école. Un jour, tout change. Alors qu’elle se cache dans la photocopieuse de l’école, la machine se met en marche et crée une réplique d’elle-même: une deuxième Anna! Désormais, l’une peut aller à l’école pendant que l’autre s’amuse – et personne ne remarque rien. Commence alors un jeu passionnant à base de quiproquos et de confusions!
Adapté du livre pour enfants à succès de Lukas Hartmann, remarquablement interprété par deux sœurs jumelles, Anna annA est une comédie familiale culte du cinéma suisse, pleine de fantaisie et de situations cocasses. Un film primé dans de nombreux festivals pour enfants qui aborde avec esprit les thèmes de l’identité, de l’amitié et de l’affirmation de soi.

LE P'TIT CITYCLUB
> Le programme de septembre à décembre (pdf)

INFOS PRATIQUES
Portes: 30 minutes avant le début des projections
Tarifs: CHF 10.- par entrée / 5.- par enfant dès le deuxième enfant.
Dimanche 4 septembre: Journée du Cinéma: 5.- par entrée


films du mois

Don Juan

De Serge Bozon
Avec Tahar Rahim, Virginie Efira
Fiction, France, 2022, 1h40, en français, 16/16

En 2022, Don Juan n’est plus l’homme qui séduit toutes les femmes, mais un homme obsédé par une seule femme: celle qui l’a abandonné…
«Normalement, un Don Juan est victorieux, cynique et manipulateur; là il est perdant, sincère et démuni». Dans leur Don Juan, le réalisateur, critique de cinéma et acteur Serge Bozon (Mods, La France, Madame Hyde) et sa coscénariste Axelle Ropert prennent à contrepied la figure du célèbre séducteur et proposent une réflexion à la fois troublante et délicate sur la perte de confiance conjugale. Tahar Rahim et Virginie Efira inversent les rapports de pouvoir, chantent et dansent pour notre plus grand plaisir.
«Grand film sur l’abandon, à l’épreuve de la représentation et des sentiments, à travers la figure d’un Don Juan mal aimé.» (Bande à Part)
«À rebrousse-poil, Don Juan est en quelque sorte une non-comédie du non-remariage, dont la mélancolie se déploie à travers les courants contradictoires de sa singulière poétique, à la fois sèche et sentimentale.» (Cahiers du Cinéma)


Ciné-seniors

La Dérive des continents (au sud)

De Lionel Baier
AVEC Isabelle Carré, Théodore Pellerin, Ursina Lardi
Fiction, Suisse, France, 2022, 1h29, en français, 12/14

Nathalie Adler est en mission pour l’Union Européenne en Sicile. Elle est notamment chargée d’organiser la prochaine visite de Macron et de Merkel dans un camp de migrants. Présence à haute valeur symbolique, afin de montrer que tout est sous contrôle. Mais qui a encore envie de croire en cette famille européenne au bord de la crise de nerfs? Sans doute pas Albert, le fils de Nathalie, militant engagé auprès d’une ONG, qui débarque sans prévenir alors qu'il a coupé les ponts avec elle depuis des années. Leurs retrouvailles vont être plus détonantes que ce voyage diplomatique…
Sélectionnée et très applaudie à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, la nouvelle comédie (politique) du cinéaste suisse Lionel Baier qui imagine une relation mère-fils tourmentée sur fond d'une Europe en crise.


Ciné-seniors
Un à deux vendredis après-midi par mois, une séance spéciale, ouverte à toutes et à tous, organisée pour les seniors avec Pro Senectute Vaud.
INFOS PRATIQUES
Portes: 14h, Projection: 14h30
Tarif des séances Ciné-seniors: 10.-

Rencontre cinéma

Ardente·x·s / En présence de l'équipe du film

Ardente·x·s de Patrick Muroni, présenté en première mondiale à Visions du Réel en avril dernier, relate l'aventure du collectif lausannois OIL Productions, actif dans la réalisation de films pornographiques éthiques. Ensemble, les membres du collectif réalisent des films X qui représentent les sexualités et les corps dans toute leur diversité. Pour son premier long-métrage, le jeune cinéaste suisse suit les aventures du collectif. Il filme les coulisses des tournages et partagent les réflexions, les prises de parole dans les médias et dans la rue et le quotidien de ses membres. Un film engagé qui questionne notre vision du désir et des sexualités, projeté en présence du cinéaste et des protagonistes.

Ardente·x·s de Patrick Muroni
(Documentaire, Suisse, 2022, 1h36, en français, 16/16) – À Lausanne, un groupe de jeunes femmes et de personnes queers d’une vingtaine d’années se lance, caméra au poing, dans la réalisation de films pornographiques. Entre leurs jobs pour certaine.x.s et leurs études pour d’autres, iels mettent tout en œuvre pour produire des films éthiques et dissidents et s’engagent dans une démarche artistique et politique menée avec joie et irrévérence. Très vite, les médias du pays, puis le public, s’intéressent au collectif. Aux yeux de tous, les voilà plongée.x.s dans un combat pour une autre vision du désir et de la sexualité.

PAtrick Muroni À PROPOS DU COLLECTIF ET DU FILM
Depuis 2018, le collectif OIL Productions questionne la représentation du sexe au travers de leurs projets. Touxtes prônent une ouverture, une éthique et une dissidence qui les amènent à penser leurs œuvres dans l’optique de démystifier les désirs inhérents à leur génération et à leur époque.

Depuis leurs débuts, iels ont été plébiscitées par de nombreux médias et le collectif connaît un succès grandissant. Pour beaucoup de jeunes et de moins jeunes, iels ont ouvert.es un nouvel espace sur ces questionnements ainsi qu’une nouvelle voie en Suisse. L’enjeu de leurs créations n’est pas qu’artistique, loin de là. Le désir qui les pousse à réaliser leurs films est tout aussi politique, engagé et militant.
Touxtes incarnent une réelle résistance au conservatisme suisse. Iels font face au patriarcat, aux inégalités de genre à l’encontre des femmes, des personnes trans, des personnes racisées et des inégalités sociétales de manière générale. Iels n’ont pas peur de crier haut et fort qu’iels sont pornographes. Leur but? Changer les mentalités, coûte que coûte.
Bien sûr, à l’origine tout ça n’était qu’embryonnaire, et lorsque je suis arrivé pour filmer la naissance du collectif, iels avaient tout à construire. J’ai eu cette chance d’en entendre parler au tout début par une amie ce qui m’a permis de les suivre à l’origine du projet. Et très vite, l’idée de faire un film qui viendrait raconter leur histoire et dépeindre la trajectoire du collectif dans une époque en plein chamboulement s’est imposé à moi.
Le film est donc un portrait de ce groupe, où les personnages naviguent entre scènes intimistes et scènes de travail. On y voit les pornographes à l’œuvre, avec tous les problèmes et questionnements que cela peut entraîner et qui ont servi de problématique centrale au film.
Qu’est-ce que ça veut dire d’être pornographe en Suisse quand on est une femme ou une personne queer et qu’on a la vingtaine? Est-ce que notre patron peut nous virer? Comment nos parents vont réagir? Et les ami.e.s, les voisin.e.s? Et les catholiques intégristes et les féministes anti-porno? Et si on donne notre vrai nom lors d’interviews ou sur les réseaux, comment les gens vont réagir, est-ce qu’on se fera insulter, aduler? Est-ce qu’un jour on pourra en vivre? Ou est-ce que ça doit rester gratuit? Et comment payer les acteurs et les actrices?
Toutes ces questions jalonnent le film, et certaines trouvent des réponses quand pour d’autres les incertitudes se creusent. Mais une chose est sûr, ce film a été pour moi le moyen de raconter le destin de personnes quasi systématiquement invisibilisées par le système et le patriarcat.
Touxtes avaient des choses à dire, à raconter, à défendre, et le film s’est construit comme une aventure initiatique pleine de joie et liberté. Une aventure longue de trois ans où le collectif était en quête d’autres choses, d’un nouvel horizon, en quête d’amour, de plaisir, de justice et de paix, en quête de réconciliation avec les hommes aussi. Avec pour touxtes un furieux désir de vivre, avec l’envie puissante d’élever sa voix et d’expérimenter. Toujours avec bienveillance, toujours avec tendresse, mais aussi toujours avec une bonne dose d’irrévérence.
Parce que c’est peuåt-être ça avant tout OIL productions: des gens qui échappent aux normes et qui sont déjà des exemples pour beaucoup de jeunes et qui aideront très certainement les futures générations à questionner le désir, l’amour, le plaisir, les injustices et l’engagement politique.


INFOS PRATIQUES
Portes: 19h30, Projection suivie d'une discussion: 20h
Tarifs: 15.- (plein) / 12.- (réduit) / 10.- (membres)


Rencontre cinéma

Une goutte d'eau sur un volcan / Rencontre

Après les documentaires Jean Troillet, toujours aventurier et En équilibre sur l’Océan, le Cinéma CityClub propose la projection du nouveau film de Vertiges Prod, société veveysanne spécialisée dans les films d'aventure. Une goutte d’eau sur un volcan retrace l'exploit réalisé par le plongeur-spéléologue Frédéric Swierczynski et le guide de montagne Sébastien Devrient, également réalisateur du film: une expédition de plongée en très haute altitude dans l'un des lacs les plus hauts du monde. Les deux aventuriers et l'équipe du film seront présents à Pully lors de deux projections spéciales suivies d'une discussion.

Une goutte d’eau sur un volcan de Sébastien Devrient
(Documentaire, Suisse, 2022, 1h10, en français) – Deux amis, Frédéric Swierczynski, l’un des meilleurs plongeur-spéléologues du monde, et Sébastien Devrient, réalisateur et guide de montagne, partent pour plonger seuls, sans assistance, dans le lac le plus haut du monde, sur les flancs du volcan Ojos del Salado en Argentine. Un pari ambitieux pour une expédition semée d’embûches dans le désert d’Atacama. Trois semaines d’expédition en transportant leur matériel de plongée pour atteindre les lacs à près de 6'000 m d’altitude. Les aventuriers vont devoir s’adapter, affronter les tempêtes et le froid dans un monde minéral où le manque d’eau va bientôt se faire sentir...

INFOS PRATIQUES
Portes: 18h et 20h, Projections suivies d'une discussion: 18h30 et 20h30
Tarif unique: 15.-


Humour

Bourgllywood au CityClub

Le CityClub vous propose de découvrir des séries et films cultes tels que vous ne les avez jamais entendus.

Le public choisit les extraits projetés, leur donne un titre et l'équipe de Bourgllywood les sonorise et improvise. Mélange des genres, absurdités, grivoiseries et autres déconnades sont au programme.

INFOS PRATIQUES
Portes: 20h15, Spectacle: 21h (avec entractes)
Tarifs: 22.- (plein) / 18.- (réduit)
Réservations pour le Passculture par mail à info@cityclubpully.ch


Rencontre cinéma

Pénélope mon amour / Rencontre

Doublement primé au FID de Marseille, Pénélope mon amour de Claire Doyon traverse vint ans d'histoire entre une mère, la réalisatrice, et sa fille porteuse d’autisme. Un superbe récit pour réfléchir à la parentalité et à la différence. À l'affiche tout octobre et le mardi 18 octobre en présence de la cinéaste française.

Pénélope mon amour de claire doyon
Pénélope mon amour trace le parcours d’une mère, la réalisatrice Claire Doyon, et sa fille Pénélope, jeune adulte autiste. Vingt ans de récits et d’archives familiales nous plongent dans leur histoire: le choc du diagnostic, la déclaration de guerre, l’abdication des armes, pour finalement accepter et découvrir un mode d’existence autre.
CLAIRE DOYON À PROPOS DU FILM
J’ai commencé à travailler sur ce projet en rencontrant des personnes adultes porteuses d’autisme. Découvrir ce qu’elles sont que nous ne sommes pas, des personnes particulières à regarder à la lumière de leur paysage intérieur et non de leur handicap. Elles m’apporteraient un éclairage sur qui est Pénélope, ma fille jeune adulte autiste et mutique. Au fur et à mesure des rencontres et de mon travail d’écriture, j’ai compris que le film portait sur ma relation avec Pénélope.
Certes des réponses m’étaient données, et ces réponses font partie du film actuel, mais aucune ne pouvait s’ériger en vérité. Pénélope demeure un mystère à part entière. Les questions ricochaient et m’étaient renvoyées en boomerang. Petit à petit l’écriture du film a bifurqué vers ma façon d’appréhender le rapport à ma fille et son handicap; vers la manière dont mon regard a changé au fil des ans; et vers des questions qui découlent de ma vie avec elle.
Pourquoi l’autisme déclenche-t-il autant de gêne et d’incompréhension? Pourquoi nous, "normopathes", cherchons-nous à tout prix à ce que les autistes nous ressemblent? Et nous, quel chemin faisons-nous pour aller vers eux? Malgré les années, malgré le chemin parcouru et les inversions du signe de l’affect, tout cela reste compliqué. Une petite voix derrière la tête se dresse aux aguets: et si le miracle opérait un jour? C’est dire la persistance du fantasme de normalité.
Pénélope mon amour n’est-il que fiction? Parades et récits imaginaires? Fonctions agissantes et guérisseuse du récit?

À L'AFFICHE EN OCTOBRE
> Toutes les projections
INFOS PRATIQUES
Portes: 19h30, Projection suivie d'une discussion: 20h
Tarifs: 15.- (plein) / 12.- (réduit) / 10.- (membres)

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Film et concert

"Au cœur de l'océan" avec Natch

Concert de Natch, précédé du film Léviathan de Verena Paravel et Lucien Castaing-Taylor

Deux splendeurs, à en perdre les superlatifs. Pour sa deuxième soirée «Film et concert» de la saison, le CityClub propose la projection du fascinant documentaire Leviathan, une expérience sensorielle et hypnotique de Verena Paravel et Lucien Castaing-Taylor, suivie du concert immanquable de la voix oubliée du Cap-Vert: Natch, octogénaire au talent exceptionnel qui, cet automne, foulera pour la première fois le sol européen.

21h: Natch en concert
Natch est un vieil homme du Cap-Vert. On dit qu’il vit sur un rond-point. Depuis l’enfance, il chante mornas et coladeira – ces ballades nostalgiques, fondatrices de la musique traditionnelle capverdienne que nous a si bien fait connaître Cesária Évora. Comme elle, Natch chante pieds nus et possède un esprit singulier, une force tranquille et une profondeur harmonique qui émeuvent, chaloupent et enthousiasment l’âme et le corps. S’il est très respecté dans son archipel, on ne le connaît pas en Europe – son disque n’y est d’ailleurs pas encore distribué. Aujourd’hui, plusieurs personnes et institutions, dont le CityClub, travaillent à le faire connaître au-delà de son pays et organisent sa première tournée en Europe. Natch donnera à Pully son seul concert en Suisse – à ce jour. Un coup de cœur, tout autant que de poker. Et si l’excitation de le recevoir entre nos murs est immense, c’est tout simplement car sa musique a été l’une des plus belles qu’il nous ait été donné d’entendre récemment. Natch sera, sur scène, accompagné de ses musiciens.

Précédé à 19h du film Léviathan
(Documentaire de Verena Paravel et Lucien Castaing-Taylor, France, Royaume-Uni, États-Unis, 2013, 1h27, v.o. s-t fr., 16/16) – Dix caméras sont embarquées sur un chalutier, sanglées aux corps des pêcheurs et aux cordages du bateau. Ballottées au gré du vent et des vagues ou au milieu des poissons à l’agonie dans les cales, elles enregistrent un réel démesuré et sans fard, monstrueusement présent. Sans commentaire ni interview, dans un flot d’images sidérant, Leviathan, réalisé par deux cinéastes-anthropologues, transmet à la perfection le harassement physique d’une nuit de pêche et avertit des menaces de la pêche intensive autant qu’il révèle la beauté foudroyante des entrailles de l’océan...
«La puissance de la mer, la mécanique des filets, le massacre de milliers de poissons: jamais le terme d’immersion n’a été aussi approprié, même si celle-ci est ici destinée à créer un certain malaise face à la pêche intensive. Mais alors que l’eau et le ciel nocturne tendent à se confondre, que le travail des hommes semble parfois indéchiffrable, une beauté froide, hyperréelle jusqu’au baroque, se dégage malgré tout de ces plans chaotiques. Le combat sans fin de l’homme, des machines, de la nature, réunis dans une commune tragédie, a créé l’harmonie.» (Arte)
«Une œuvre d’une extraordinaire innovation formelle et d’une puissance visuelle, capable de souligner à chaque nouveau plan la nécessité pour tout projet de documentaire ethnographique d’axer ses préoccupations méthodologiques sur la manière de filmer quelque chose d’inconnu. Un film radical et novateur, un jalon dans le cinéma contemporain, dont on parlera longtemps.» (Locarno)


INFOS PRATIQUES
Portes: 18h30, Film: 19h, Concert: 21h
Tarifs: 25.- (plein) / 20.- (membres, étudiants, avs, ai, ac, ri, carteculture)
Petite restauration sur place


Ciné-seniors

Simone Veil – Le Voyage du siècle

D'Olivier Dahan
Avec Elsa Zylberstein, Rebecca Marder, Élodie Bouchez
Fiction, France, 2021, 2h21, en français, 14/14

"Nous sommes responsables de ce qui nous unira demain." Le destin de Simone Veil, son enfance, ses combats politiques, ses tragédies. Le portrait épique et intime d’une femme au parcours hors du commun qui a bousculé son époque en défendant un message humaniste toujours d’une brûlante actualité.
Dans le rôle principal, l’actrice Elsa Zylberstein livre l’une de ses performances majeures.

Ciné-seniors
Un à deux vendredis après-midi par mois, une séance spéciale, ouverte à toutes et à tous, organisée pour les seniors avec Pro Senectute Vaud.
INFOS PRATIQUES
Portes: 14h, Projection: 14h30
Tarif des séances Ciné-seniors: 10.-

Projection spéciale

Soirée courts-métrages avec Base-Court

L’association lausannoise Base-Court programme des courts-métrages depuis plus de vingt ans avec un objectif: mettre en lumière la richesse de ce format en dévoilant des pépites courtes de Suisse et du monde entier. Le Cinéma CityClub se joint à leurs activités et propose de découvrir une sélection de films tour à tour drôles, touchants, intrigants, qu’ils soient de fiction, documentaires ou en animation, choisis par l’équipe de Base-Court.

LA SOIRÉE
Deux programmes de 70 minutes avec les coups de cœur de l’association de ces dernières années. En présence de plusieurs équipes des films.
Plus d'informations à venir.

BASE-COURT
> Site internet de l'association
INFOS PRATIQUES
Portes: 19h30, Projection: 20h
Entracte entre les deux programmes de courts
Tarifs: 15.- (plein) / 12.- (réduit) / 10.- (membres)


Le P'tit CityClub

Giuseppe et le fantôme de l'hiver

DÈS 3 ANS

D’Isabelle Favez
ANIMATION, Suisse, 2022, 26’, en français, 0/6 ans
Précédé de trois courts-métrages (durée totale du programme: 45')

Giuseppe est un petit hérisson qui n’a qu’un rêve, celui de voir la neige. Mais attention, quand le froid arrive, gare au fantôme de l’hiver! On dit qu’il sort de ses montagnes pour attraper les petits hérissons qui ne voudraient pas hiberner… La nouvelle réalisation d’Isabelle Favez après Zibilla (projeté l’année dernière au CityClub).
Un film précédé de trois courts-métrages: Le petit Oiseau et l’Écureuil et Le petit Oiseau et la Feuille de Lena Van Döhren (2x4 minutes) – deux joyeuses et passionnantes courses-poursuites à travers la nature – et Les fruits des nuages de Kateřina Karhánková (11 minutes) – l’histoire d’un petit animal qui fait une magnifique découverte après avoir surmonté sa peur de l’inconnu.
Un joli programme de quatre films autour des saisons, de l’hibernation et du monde animal.

DOSSIER D'ACTIVITÉS
> Télécharger le dossier d'activités

RENCONTRE CINÉMA
Dimanche 30 octobre à 15h, projection en présence de la cinéaste Isabelle Favez. Les enfants sont invités à venir déguisés en fantôme de l’hiver et le goûter sera offert!

SÉANCE RELAX
Mercredi 28 décembre à 15h
Les séances «Relax» offrent un cadre bienveillant et rassurant aux familles avec un enfant en situation de handicap: ouvertes à toutes et à tous, encadrées par des personnes compétentes, elles donnent la possibilité aux enfants de s'exprimer, d’entrer et de sortir de la salle à tout moment, de se manifester, avec un respect pour chacun et chacune.

LE P'TIT CITYCLUB
> Le programme de septembre à décembre (pdf)

INFOS PRATIQUES
Portes: 30 minutes avant le début des projections
Tarifs: CHF 10.- par entrée / 5.- par enfant dès le deuxième enfant.

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